Vaccinations chez l'adulte : calendrier officiel, rappels obligatoires et recommandés
Quels vaccins faire à l'âge adulte, à quelle fréquence, dans quelle situation ? Guide complet et sourcé au calendrier vaccinal 2025 du Ministère de la Santé, avec recommandations HAS et Santé publique France.
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Les vaccinations de l'adulte sont largement sous-estimées : beaucoup pensent qu'il s'agit d'un sujet pédiatrique, à classer avec les piqûres de la petite enfance. En réalité, l'immunité s'érode avec le temps, certaines maladies frappent davantage les adultes, et de nouveaux vaccins (HPV, zona, Covid) ont étendu le répertoire préventif. Selon Santé publique France1, la couverture vaccinale adulte reste insuffisante en France, notamment pour la grippe (52 % chez les 65 ans et plus vs cible 75 %).
Trois principes pour s'y retrouver
Les rappels universels : diphtérie, tétanos, poliomyélite (dTP) à 25, 45, 65 ans puis tous les 10 ans. C'est la colonne vertébrale du calendrier.
Les vaccinations recommandées selon l'âge ou la situation : grippe, Covid, coqueluche, pneumocoque, zona, HPV, hépatite B.
Les vaccinations spécifiques : voyage, profession, grossesse, immunodépression.
Le calendrier vaccinal officiel2 est actualisé chaque année par la HAS et publié par le Ministère de la Santé. Il s'applique en Métropole et dans les Outre-mer, avec des spécificités locales (fièvre jaune en Guyane, par exemple).
Les rappels dTP : le socle
Le vaccin dTP (diphtérie-tétanos-poliomyélite) est combiné depuis de nombreuses années. Les rappels de l'adulte se font aux âges fixes suivants :
Les rappels dTP s'espacent de 20 ans puis se rapprochent à 10 ans après 65 ans, période où l'immunité décline plus vite.
25 ans — en pratique associé à un rappel coqueluche (dTcaP).
45 ans.
65 ans.
Puis tous les 10 ans après 65 ans (75, 85 ans…).
Bon à savoir : en cas de plaie à risque tétanigène (coupure profonde, plaie souillée), le médecin vérifiera la date du dernier rappel. Un rappel peut être indiqué si la dernière dose remonte à plus de 20 ans (ou plus de 10 ans chez la personne âgée).
Coqueluche : un rappel essentiel à 25 ans et chez les futurs parents
La coqueluche fait régulièrement l'actualité : elle reste grave chez le nourrisson non encore vacciné. Pour le protéger, on recommande le "cocooning" :
Synthèse visuelle des éléments abordés dans cette section.
Rappel chez tous les adultes à 25 ans (associé au dTP).
Vaccination de la femme enceinte à partir du 2e trimestre (idéalement entre 20 et 36 SA), pour chaque grossesse.
Rattrapage des parents, grands-parents et proches du nouveau-né si la dernière dose remonte à plus de 5 ans.
Grippe saisonnière : chaque automne dès 65 ans ou facteur de risque
Les adultes atteints d'une maladie chronique (diabète, BPCO, asthme, maladie cardiovasculaire, rénale, hépatique, obésité, cancer, immunodépression).
Les femmes enceintes, à tout trimestre.
L'entourage des nourrissons à risque.
Les professionnels de santé et les personnels d'EHPAD.
La vaccination se fait chaque automne (octobre-décembre) et peut être réalisée en pharmacie, cabinet médical, infirmier ou sage-femme.
Covid-19 : des rappels annuels ciblés
Depuis 2023, les recommandations Covid ont convergé vers une campagne automnale annuelle, concomitante avec la grippe, ciblant :
Les personnes de 65 ans et plus.
Les adultes avec comorbidités (liste similaire à la grippe).
Les femmes enceintes.
Les résidents d'EHPAD et USLD.
Les professionnels de santé.
La vaccination reste ouverte et prise en charge pour toute personne qui le souhaite, même sans facteur de risque.
Les autres vaccinations de l'adulte
Au-delà des rappels, certaines vaccinations sont recommandées selon l'âge, les facteurs de risque ou l'exposition professionnelle.
HPV — papillomavirus (rattrapage jusqu'à 26 ans)
La vaccination HPV est proposée aux jeunes filles ET aux jeunes hommes dès 11 ans, avec un rattrapage possible jusqu'à 19 ans révolus. Pour les hommes ayant des relations avec des hommes (HSH), le rattrapage est possible jusqu'à 26 ans. Elle prévient plusieurs cancers (col de l'utérus, anus, ORL, pénis, vulve) et les condylomes.
Repères schématiques pour visualiser le sujet traité.
Pneumocoque — à partir de 65 ans ou comorbidité
Recommandé dès 65 ans, ainsi que chez tous les adultes avec facteur de risque (insuffisance respiratoire, cardiaque, hépatique, rénale ; immunodépression ; drépanocytose ; absence de rate). Schéma actuel : une dose de VPC13 ou VPC20 puis éventuellement VPP23.
Zona — à partir de 65 ans
Le vaccin recombinant Shingrix (2 doses) est recommandé à partir de 65 ans chez l'adulte immunocompétent, et dès 18 ans chez les immunodéprimés à risque. Il réduit l'incidence du zona et surtout les douleurs post-zostériennes, qui peuvent durer des mois.
Hépatite B
Vaccination obligatoire chez les professionnels de santé ; recommandée chez les personnes exposées (voyageurs en zone endémique, partenaires multiples, toxicomanes IV, dialyse, entourage d'un porteur chronique). Schéma classique : 3 doses (0, 1, 6 mois).
Rougeole-Oreillons-Rubéole (ROR)
Rattrapage recommandé chez les adultes nés après 1980 qui n'auraient pas reçu 2 doses dans leur vie. La rougeole reste très contagieuse et peut être sévère chez l'adulte (pneumopathie, encéphalite).
Vaccins du voyageur
Selon la destination et la durée : hépatite A, fièvre typhoïde, fièvre jaune (obligatoire pour certains pays d'Afrique et d'Amérique du Sud), encéphalite japonaise, rage préventive, méningocoque ACWY. À organiser 4 à 6 semaines avant le départ en consultation "voyage" (centres agréés, certains cabinets médicaux, pharmacies).
Contre-indications et effets indésirables
Les véritables contre-indications aux vaccins sont rares :
Réaction allergique grave documentée à une dose précédente ou à un constituant.
Maladie fébrile aiguë en cours (reporter de quelques jours).
Grossesse pour les vaccins vivants atténués (ROR, fièvre jaune, varicelle, BCG).
Immunodépression sévère pour les vaccins vivants.
Les effets indésirables les plus fréquents sont locaux (douleur, rougeur au point d'injection) et bénins : fièvre modérée, fatigue, céphalées de 24 à 48 heures. Les effets graves sont extrêmement rares et surveillés en pharmacovigilance par l'ANSM4.
Comment mettre ses vaccins à jour ?
Rassembler ses carnets de santé, anciennes ordonnances, comptes rendus d'hospitalisation.
Consulter son médecin traitant ou un infirmier/pharmacien formé pour faire le point.
Tracer les rappels à faire dans son carnet et dans Mon espace santé.
Se faire vacciner : médecin, infirmier, pharmacien, sage-femme selon le vaccin.
Si le carnet est perdu : on ne rattrape pas à zéro. Une sérologie tétanos/coqueluche peut aider dans certains cas ; sinon, le médecin prescrira un schéma de rattrapage selon les recommandations HAS.
Questions fréquentes
Les vaccins sont-ils obligatoires chez l'adulte ?
L'obligation vaccinale de l'adulte est limitée en France : elle concerne essentiellement les professionnels de santé (hépatite B, DTP, coqueluche, grippe selon l'établissement) et certains voyages (fièvre jaune pour entrer dans certains pays). Les rappels dTP sont recommandés mais non obligatoires pour la population générale. Ils sont toutefois fortement conseillés car essentiels à la prévention.
Faut-il se faire vacciner contre la grippe tous les ans ?
Oui si vous êtes dans un groupe à risque : 65 ans et plus, maladie chronique, grossesse, professionnel de santé ou entourage d'un nourrisson fragile. Les souches virales circulent et évoluent chaque année, et l'immunité induite par le vaccin diminue en quelques mois. Chez l'adulte en bonne santé de moins de 65 ans, la vaccination est possible mais n'est pas systématiquement recommandée.
Peut-on faire plusieurs vaccins le même jour ?
Oui, sans problème. La co-administration est fréquente et étudiée (grippe + Covid + pneumocoque par exemple). On utilise des bras différents si possible, et la HAS rappelle qu'il n'y a pas de perte d'efficacité ni d'effet indésirable accru. La seule précaution est de ne pas faire plusieurs vaccins vivants le même jour, sauf s'ils sont faits en même temps ou à 4 semaines d'intervalle.
Le vaccin HPV est-il utile à un adulte qui a déjà eu des rapports sexuels ?
Il est moins bénéfique après l'exposition mais reste recommandé jusqu'à 19 ans révolus (26 ans pour les HSH). Au-delà, il peut être discuté au cas par cas (bénéfice partiel). Le dépistage du col de l'utérus (frottis) reste indispensable, même chez les femmes vaccinées.
Les vaccins à ARN messager sont-ils sûrs à long terme ?
Les vaccins à ARNm (Pfizer, Moderna) font l'objet d'une surveillance étroite depuis leur mise sur le marché en 2020. Les données cumulées sur plusieurs milliards de doses confirment un profil de sécurité favorable. Les effets secondaires graves (myocardite, péricardite) sont rares, surtout chez les hommes jeunes, et généralement bénins. Aucun effet à long terme inattendu n'a été détecté.
Est-ce que mon pharmacien peut me vacciner ?
Oui, depuis 2019 pour la grippe et, depuis 2022, pour la plupart des vaccins du calendrier adulte (DTP, coqueluche, pneumocoque, HPV, ROR, hépatite A et B, méningocoque, zona…). Il faut être âgé d'au moins 11 ans. Le pharmacien formé peut aussi prescrire certains vaccins. La liste officielle est disponible sur ameli.fr.
Faut-il un délai entre deux vaccinations du même type ?
Pour les vaccins inactivés (la grande majorité), pas de délai minimum entre deux vaccins différents. Pour les vaccins vivants atténués (ROR, fièvre jaune, varicelle, zona), on recommande un intervalle de 4 semaines minimum entre deux vaccins vivants s'ils ne sont pas administrés le même jour. Le médecin vérifie ces points à la prescription.
Aller plus loin
Sommeil et insomnie5 — Une nuit correcte avant une vaccination favorise la réponse immunitaire.
<p>L'obligation vaccinale de l'adulte est limitée en France : elle concerne essentiellement <strong>les professionnels de santé</strong> (hépatite B, DTP, coqueluche, grippe selon l'établissement) et <strong>certains voyages</strong> (fièvre jaune pour entrer dans certains pays). Les rappels dTP sont <em>recommandés</em> mais non obligatoires pour la population générale. Ils sont toutefois fortement conseillés car essentiels à la prévention.</p>
Cet article a été rédigé par Bilal YIKILMAZ, rédacteur en chef de cestlasante.com. Il n'est pas médecin : chaque recommandation ci-dessus s'appuie sur des sources médicales indépendantes, explicitement citées.