Répondu le 15 mars 2026

Faut-il vraiment boire 1,5 litre d'eau par jour ?

Question de Chloé P.

On lit partout qu'il faut boire 1,5 L d'eau par jour, mais certains articles disent que c'est un mythe marketing. Moi je bois quand j'ai soif, peut-être 800 ml par jour, et je ne me sens pas mal. Est-ce suffisant ou est-ce que je me fais du tort à long terme ?

Reçue le 13 mars 2026.

Réponse de la rédaction

La réponse courte. Le chiffre de 1,5 L couvre les boissons uniquement ; les apports hydriques totaux recommandés (boissons + eau des aliments) sont plus proches de 2 L pour une femme adulte et 2,5 L pour un homme adulte, à climat tempéré et activité modérée. Boire uniquement en réponse à la soif est globalement correct chez un adulte en bonne santé, mais devient insuffisant au-delà de 65 ans, par forte chaleur ou lors d'un effort prolongé.

Les repères officiels. L'EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) a fixé en 2010 une valeur de référence d'apport hydrique total de 2,0 L/jour chez la femme adulte et 2,5 L/jour chez l'homme adulte, dont 70 à 80 % provenant des boissons (soit environ 1,5 à 2 L de boissons). L'ANSES retient les mêmes valeurs dans ses repères nutritionnels.

Pourquoi la soif ne suffit pas toujours. La soif est un bon thermostat chez l'adulte jeune en condition ordinaire. Mais elle diminue avec l'âge : selon une revue publiée en 2019 dans Nutrients, plus de 30 % des personnes de plus de 65 ans vivant à domicile présentent une déshydratation chronique modérée parce que le réflexe de soif est émoussé (Masot et al., 2019). Même chez le jeune adulte, une déshydratation de seulement 1 à 2 % du poids corporel réduit les performances cognitives et l'humeur (Armstrong et al., 2012).

À surveiller. La couleur des urines reste le marqueur le plus simple : jaune paille clair = hydratation correcte ; jaune foncé/orangé = insuffisante. Sensations de bouche sèche, maux de tête en fin d'après-midi, constipation chronique sont d'autres signaux. 800 ml par jour, si vous ne consommez pas beaucoup d'eau via les aliments (soupes, fruits, légumes), est probablement un peu juste.

En cas de pathologie rénale, cardiaque ou sous diurétiques, les apports hydriques doivent être ajustés avec le médecin traitant.

Rédigé par Bilal YIKILMAZ, éditeur de C’est La Santé. Cette réponse est informative et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Les sources citées renvoient à des autorités publiques ou à des études évaluées par les pairs.

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