Répondu le 22 mars 2026

Les squats sont-ils vraiment mauvais pour les genoux ?

Question de Zoé H.

J'ai 34 ans, je fais de la musculation depuis deux ans, et un kinésithérapeute m'a dit que les squats profonds « détruisent » les ménisques à long terme. Pourtant tous les coachs disent le contraire. Qui croire ? Faut-il limiter l'amplitude ?

Reçue le 20 mars 2026.

Réponse de la rédaction

La réponse courte. Chez un sujet sain, avec technique correcte et progressivité, le squat profond (jusqu'à hanches sous genoux) n'abîme pas les ménisques ni les ligaments ; il mobilise au contraire le quadriceps sur toute son amplitude et renforce la coiffe fémoro-rotulienne. L'idée que « le genou ne doit jamais passer la pointe du pied » est un mythe issu d'une mauvaise interprétation des années 1960.

Ce que disent les études. Une revue systématique publiée en 2013 dans Sports Medicine (Hartmann et al.) a analysé les forces internes du genou pendant le squat : les pics de contrainte tibiofémorale et les forces sur le LCA sont plus faibles au-delà de 90° de flexion qu'à 90° exactement, parce que les muscles postérieurs (ischio-jambiers, mollets) co-contractent et stabilisent. La revue conclut qu'« il n'existe aucune preuve que le squat profond chez des athlètes sains soit plus dangereux que le demi-squat ». Une méta-analyse de 2020 dans le British Journal of Sports Medicine confirme l'absence d'augmentation du risque d'arthrose chez les pratiquants de musculation récréative.

Quand modérer l'amplitude. En présence d'une pathologie méniscale avérée (IRM), d'une arthrose fémoro-patellaire symptomatique, d'une instabilité rotulienne ou en post-opératoire récent (LCA, prothèse), un kinésithérapeute peut légitimement recommander de rester entre 0 et 90° pendant la phase de rééducation. Cette restriction n'est pas une règle générale, c'est une adaptation clinique.

Techniques qui comptent réellement. (1) Gainage abdominal et dos neutre en bas de mouvement ; (2) pieds à largeur d'épaules, pointes légèrement ouvertes (15-30°) ; (3) genoux alignés avec la ligne des orteils ; (4) charges progressives : ajout de 2,5 à 5 kg par semaine, pas de saut brutal ; (5) priorité à la récupération (48 h entre deux séances jambes).

Si vous ressentez une douleur reproductible sur la face interne du genou, sous la rotule, ou un gonflement après séance, consultez un kiné spécialisé en traumatologie du sport avant de continuer à charger.

Rédigé par Bilal YIKILMAZ, éditeur de C’est La Santé. Cette réponse est informative et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Les sources citées renvoient à des autorités publiques ou à des études évaluées par les pairs.

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