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    Mode de vie sain 8 min de lecture

    AVC : reconnaître les signes FAST et agir en urgence

    Accident vasculaire cérébral : test FAST (visage, bras, parole, temps), 140 000 cas/an en France, fenêtre thrombolyse 4h30 et thrombectomie jusqu'à 24h. Sources HAS, SFNV, INSERM.

    Publié le 21 avril 2026Mis à jour le 21 avr. 20260 vues0 commentaires
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    ParBilal YIKILMAZ·Rédacteur & éditeur
    SelonHASINSERMOMSPolitique éditoriale
    Mis à jour le 21 avril 2026
    AVC : reconnaître les signes FAST et agir en urgence

    L'accident vasculaire cérébral (AVC) est la première cause de handicap acquis de l'adulte et la deuxième cause de démence en France. Il résulte dans 85 % des cas de l'occlusion d'une artère cérébrale (AVC ischémique) et dans 15 % d'une rupture vasculaire (AVC hémorragique). Chaque minute d'ischémie détruit 1,9 million de neurones : c'est le principe « time is brain ». Reconnaître les signes et appeler immédiatement le 15 ouvre l'accès aux traitements de recanalisation qui changent le pronostic.

    140 000
    AVC par an en France, 1 toutes les 4 minutes
    Santé publique France, 2023
    4h30
    Fenêtre standard de thrombolyse intraveineuse
    HAS, SFNV
    24h
    Fenêtre étendue thrombectomie mécanique (mismatch)
    ESC 2022, SFNV
    1,9 M
    Neurones détruits par minute d'ischémie
    INSERM

    Le test FAST — quatre signes à connaître

    La Fédération française de cardiologie1 et la Société française neuro-vasculaire (SFNV) recommandent le test FAST comme outil de dépistage grand public. Un seul signe positif justifie l'appel immédiat au 15.

    FAST — les 4 signes à retenir
    Acronyme anglais mondial adopté par la SFNV et la HAS pour le grand public. Un seul signe positif = appel du 15 immédiat.
    F — Face (visage)
    Paralysie faciale asymétrique : la bouche tombe d'un côté, le sourire est dissymétrique. Demandez à la personne de sourire.
    A — Arm (bras)
    Faiblesse motrice unilatérale : le bras chute quand on demande de le tenir tendu à l'horizontale, yeux fermés.
    S — Speech (parole)
    Troubles du langage : phrases incohérentes, mots inintelligibles, impossibilité de répéter une phrase simple.
    T — Time (temps)
    Appeler immédiatement le 15. Noter l'heure exacte d'apparition des symptômes — elle détermine l'éligibilité à la thrombolyse.
    Céphalée brutale
    Mal de tête intense « en coup de tonnerre » évocateur d'AVC hémorragique (hémorragie méningée).
    Troubles visuels
    Perte de vision d'un œil (amaurose fugace) ou hémianopsie (moitié du champ visuel) — signes d'AIT ou d'AVC postérieur.
    Sources : SFNV (2023), HAS (2022), American Stroke Association.
    Proche observant attentivement le visage d'un senior assis dans un canapé pour vérifier une éventuelle asymétrie faciale
    Un seul signe FAST positif — asymétrie du sourire, bras qui tombe, parole altérée — suffit à justifier l'appel immédiat du 15.

    AVC ischémique vs hémorragique — deux pathologies, une seule urgence

    AVC ischémique vs AVC hémorragique — présentation et prise en charge
    Caractéristique AVC ischémique (85 %) AVC hémorragique (15 %)
    Mécanisme Occlusion artérielle (thrombus, embole) Rupture vasculaire (anévrysme, HTA)
    Début Progressif en quelques minutes Brutal, céphalée en coup de tonnerre
    Imagerie de référence IRM cérébrale diffusion Scanner cérébral sans injection
    Traitement spécifique Thrombolyse IV < 4h30 et/ou thrombectomie < 24h Contrôle tensionnel strict, neurochirurgie selon cause
    Mortalité à 1 mois 10-15 % 30-40 %
    Sources : HAS (2022), SFNV, ESC 2022, INSERM.

    La prise en charge hospitalière — UNV et drip-and-ship

    Le SMUR oriente tout AVC suspecté vers une unité neurovasculaire (UNV) dédiée, présente dans 140 centres en France. Dès l'arrivée, un bilan est réalisé en moins de 30 minutes : imagerie cérébrale (IRM de préférence, scanner à défaut), score NIHSS (National Institutes of Health Stroke Scale, 0-42 points) qui quantifie la sévérité clinique, biologie et ECG.

    Deux traitements peuvent recanaliser l'artère :

    • Thrombolyse intraveineuse (altéplase ou ténectéplase) dans les 4h30 suivant l'apparition des symptômes chez le patient éligible. Contre-indiquée en cas d'AVC hémorragique ou de risque hémorragique majeur.
    • Thrombectomie mécanique par cathétérisme intra-artériel dans les 6 heures (voire 24 heures si mismatch perfusionnel sur IRM, selon l'essai DAWN) pour les occlusions des grosses artères (carotide interne, sylvienne proximale, tronc basilaire). Seuls 40 centres en France pratiquent la thrombectomie en urgence.

    Le dispositif drip-and-ship permet de débuter la thrombolyse dans l'UNV la plus proche, puis de transférer le patient vers un centre de thrombectomie si l'occlusion le justifie — stratégie validée pour raccourcir les délais sans sacrifier l'éligibilité.

    Conduite immédiate — appel 15 sans délai

    Devant un signe FAST positif, la conduite est impérative : composer le 15. Noter l'heure exacte d'apparition des symptômes ou la dernière fois où la personne a été vue en bonne santé (« wake-up stroke »). Ne rien donner à boire ou manger — risque de fausse route en cas de trouble de déglutition. Allonger la personne sur le côté si elle vomit, tête surélevée de 30° sinon. Ne pas donner d'aspirine — en cas d'AVC hémorragique, elle aggraverait le saignement. Préparer carte vitale, ordonnance en cours et comptes rendus antérieurs.

    Le score NIHSS — quantifier la sévérité

    Le score NIHSS (15 items, 0 à 42 points) évalue la sévérité de l'AVC à l'admission et guide les décisions thérapeutiques. Un NIHSS ≥ 6 oriente vers la recherche d'une occlusion des grosses artères et donc d'une indication de thrombectomie.

    • NIHSS 0-4 : AVC mineur — bénéfice de la thrombolyse débattu.
    • NIHSS 5-15 : AVC modéré — thrombolyse standard si fenêtre respectée.
    • NIHSS 16-20 : AVC modéré à sévère — thrombectomie souvent indiquée.
    • NIHSS ≥ 21 : AVC sévère — risque hémorragique post-thrombolyse majoré.
    Couloir d'une unité neurovasculaire hospitalière avec salle d'IRM en arrière-plan et équipe médicale en blouse
    L'admission en UNV raccourcit le délai imagerie-traitement et réduit la mortalité de 15 à 25 % par rapport aux soins standards.

    L'AIT — accident ischémique transitoire

    L'AIT est un AVC dont les symptômes régressent complètement en moins de 24 heures (le plus souvent en 10 à 60 minutes). Ce n'est pas une « fausse alerte » : c'est un signal d'alarme majeur. Le risque d'AVC constitué dans les 7 jours suivants est de 5 à 10 %, concentré surtout dans les 48 premières heures. Un AIT impose donc une hospitalisation ou une consultation spécialisée en urgence pour bilan étiologique (écho-doppler des troncs supra-aortiques, ECG avec recherche de FA, IRM cérébrale) et instauration d'un traitement antithrombotique.

    Prévention — après l'AVC

    La prévention secondaire repose sur le contrôle rigoureux des facteurs de risque cardiovasculaire :

    • Hypertension artérielle — premier facteur de risque d'AVC (risque ×3-5). Cible tensionnelle < 130/80 mmHg.
    • Fibrillation auriculaire — cause de 25 % des AVC ischémiques. Anticoagulation selon score CHA2DS2-VASc.
    • Dyslipidémie — statine à haute intensité, cible LDL < 0,7 g/L en prévention secondaire.
    • Diabète, tabagisme, sédentarité, SAOS — dépistage et prise en charge systématiques.
    • Antiagrégants plaquettaires (aspirine, clopidogrel) selon l'étiologie après AVC ischémique non cardioembolique.

    Questions fréquentes

    Quelle est la différence entre un AVC et un AIT ?

    L'AIT (accident ischémique transitoire) présente les mêmes symptômes qu'un AVC mais ils régressent complètement en moins de 24 heures (souvent en 10 à 60 minutes). L'imagerie ne retrouve pas de lésion constituée. Ce n'est pas une fausse alerte : le risque d'AVC dans les 7 jours suivants est de 5 à 10 %. Un AIT justifie une hospitalisation ou une consultation neurovasculaire en urgence.

    Pourquoi faut-il noter l'heure exacte d'apparition des symptômes ?

    L'heure de début conditionne l'éligibilité à la thrombolyse (fenêtre de 4h30) et à la thrombectomie (6 à 24 heures selon l'imagerie). Si l'AVC est découvert au réveil (« wake-up stroke »), on retient la dernière heure à laquelle la personne était en bonne santé. Cette information est la première question posée par le régulateur du 15.

    Peut-on donner de l'aspirine à quelqu'un qui fait un AVC ?

    Non, surtout pas avant le diagnostic différentiel entre AVC ischémique et hémorragique. L'aspirine aggraverait un saignement cérébral (15 % des AVC). Le scanner ou l'IRM, réalisés à l'UNV, distinguent les deux mécanismes en quelques minutes. L'aspirine est donnée seulement après, et selon les recommandations.

    Qu'est-ce qu'une unité neurovasculaire (UNV) ?

    Une UNV est un service hospitalier dédié à la prise en charge 24/7 des AVC, avec neurologues formés, accès immédiat à l'IRM, monitorage continu et équipe paramédicale spécialisée. La HAS recommande l'admission systématique en UNV, qui réduit la mortalité de 15 à 25 % par rapport aux soins standards. La France dispose de 140 UNV.

    Quels sont les premiers gestes si un proche fait un AVC ?

    Appeler le 15 immédiatement. Noter l'heure d'apparition des symptômes. Allonger la personne sur le côté si elle vomit, tête surélevée à 30° sinon. Ne rien donner à boire ni à manger (risque de fausse route). Ne pas donner d'aspirine. Rassembler carte vitale, ordonnance et antécédents. Rester auprès du patient jusqu'à l'arrivée du SMUR et noter toute évolution des symptômes.

    Aller plus loin

    • Santé cardiovasculaire de l'adulte2 — Pillar de référence : grandes pathologies cardiovasculaires, facteurs de risque et prévention.
    • Hypertension artérielle3 — Premier facteur de risque d'AVC — seuils, automesure et traitements.
    • Cholestérol LDL et HDL4 — Statines et cible LDL < 0,7 g/L en prévention secondaire post-AVC.
    • Infarctus du myocarde : symptômes et urgence5 — Autre grande urgence cardiovasculaire — reconnaître les signes et appeler le 15.
    • Activité physique : recommandations6 — Base de la prévention primaire et secondaire de l'AVC.

    Sources et références

    • HAS — Accident vasculaire cérébral : prise en charge précoce (alerte, phase préhospitalière, thrombolyse)7
      Recommandations HAS sur l'alerte, la phase préhospitalière et les indications de thrombolyse dans les 4h30.
    • INSERM — Dossier « Accident vasculaire cérébral (AVC) »8
      Dossier INSERM : 140 000 AVC/an, mécanismes ischémiques vs hémorragiques, 1,9 million de neurones détruits par minute.
    • Santé publique France — Accidents vasculaires cérébraux : données épidémiologiques9
      Données SPF sur l'incidence, la mortalité et le handicap post-AVC en France.
    • Ameli.fr — L'accident vasculaire cérébral (AVC) : symptômes et traitement10
      Fiches Assurance Maladie sur les signes FAST, l'appel du 15, l'unité neurovasculaire et la rééducation.
    • ESC 2022 — Stroke guidelines (thrombectomy extended window)11
      Recommandations européennes sur la fenêtre étendue de thrombectomie jusqu'à 24h en cas de mismatch perfusionnel.
    Questions Fréquentes

    Réponses aux questions les plus courantes

    <p>L'AIT (accident ischémique transitoire) présente les mêmes symptômes qu'un AVC mais ils régressent complètement en moins de 24 heures (souvent en 10 à 60 minutes). L'imagerie ne retrouve pas de lésion constituée. Ce n'est pas une fausse alerte : le risque d'AVC dans les 7 jours suivants est de 5 à 10 %. Un AIT justifie une hospitalisation ou une consultation neurovasculaire en urgence.</p>

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    Sourcé auprès d'autorités indépendantes

    Cet article a été rédigé par Bilal YIKILMAZ, rédacteur en chef de cestlasante.com. Il n'est pas médecin : chaque recommandation ci-dessus s'appuie sur des sources médicales indépendantes, explicitement citées.

    Autorités citées : HAS, INSERM, OMS.

    Dernière révision éditoriale : 21 avril 2026.

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    Bilal YIKILMAZ

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    Mode de vie sain
    Publié
    21 avril 2026
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