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    Santé mentale 10 min de lecture

    PHQ-9 : le questionnaire de dépistage de la dépression en 9 items

    PHQ-9 (Patient Health Questionnaire) : 9 items dérivés du DSM-5, cotés 0-3, score max 27, seuil ≥ 10 évocateur (Kroenke, 2001). Sensibilité et spécificité 88 %. Sources HAS, INSERM.

    Publié le 21 avril 2026Mis à jour le 21 avr. 20260 vues0 commentaires
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    ParBilal YIKILMAZ·Rédacteur & éditeur
    SelonHASINSERMOMSPolitique éditoriale
    Mis à jour le 21 avril 2026
    PHQ-9 : le questionnaire de dépistage de la dépression en 9 items

    Le PHQ-9 est l'outil de dépistage de la dépression le plus répandu en médecine générale, en recherche clinique et dans les suivis longitudinaux. Il a l'intérêt d'être court (2-3 minutes), validé en français, et de reprendre directement les 9 critères du DSM-5 — ce qui en fait à la fois un outil de dépistage et un fil conducteur pour l'entretien clinique. Cet article détaille son contenu, ses seuils, sa performance, ses limites, et sa place par rapport aux autres échelles (GAD-7, HAD, MADRS).

    9 items
    Dérivés directement des critères DSM-5
    Kroenke & Spitzer, 2001
    0–3
    Cotation par item (score max 27)
    PHQ-9 officiel
    ≥ 10
    Seuil évocateur d'un épisode dépressif
    Kroenke, 2001
    88 % / 88 %
    Sensibilité et spécificité au seuil ≥ 10
    Méta-analyses BMJ 2019

    Origine et validation

    Le PHQ-9 est une des sous-échelles du PRIME-MD Patient Health Questionnaire, développé à la fin des années 1990 par Robert Spitzer, Kurt Kroenke et Janet Williams, dans le cadre du programme américain d'amélioration du dépistage des troubles mentaux courants en soins primaires. L'étude princeps publiée dans Journal of General Internal Medicine en 2001 (PubMed 115569411) a validé l'outil chez 6 000 patients dans 8 cliniques.

    Le PHQ-9 est libre d'usage (gratuit, traduit officiellement en français par le groupe Pfizer Educational Grant) et figure parmi les instruments recommandés par la HAS2 pour le dépistage et le suivi d'un épisode dépressif caractérisé en médecine générale.

    Les 9 items du PHQ-9

    Chaque item commence par la même racine : « Au cours des deux dernières semaines, à quelle fréquence avez-vous été gêné(e) par les problèmes suivants ? » — cotation 0 = jamais, 1 = plusieurs jours, 2 = plus d'une semaine, 3 = presque tous les jours.

    Les 9 items du PHQ-9 — correspondance directe au DSM-5
    Chaque item reprend un critère DSM-5. Les deux premiers (humeur triste, anhédonie) sont les critères cardinaux : si les deux sont cotés 0, un épisode dépressif caractérisé est peu probable.
    1. Humeur triste
    Se sentir triste, déprimé(e), sans espoir. Critère cardinal DSM-5.
    2. Anhédonie
    Peu d'intérêt ou de plaisir à faire les choses. Critère cardinal DSM-5.
    3. Sommeil
    Difficultés à s'endormir, à rester endormi(e), ou hypersomnie.
    4. Fatigue
    Se sentir fatigué(e) ou avoir peu d'énergie.
    5. Appétit
    Manque d'appétit ou au contraire suralimentation.
    6. Culpabilité / dévalorisation
    Mauvaise opinion de soi, sentiment d'échec ou d'avoir déçu.
    7. Concentration
    Difficulté à se concentrer (lire, regarder la TV, suivre une conversation).
    8. Ralentissement / agitation
    Lenteur observable ou au contraire agitation, remuer, ne pas tenir en place.
    9. Idées de mort / suicide
    Pensées de mort, de se faire du mal. Toute cotation ≥ 1 = évaluation immédiate.
    Sources : Kroenke & Spitzer 2001, DSM-5 APA 2013.

    Un item supplémentaire de retentissement (souvent appelé « item 10 ») est ajouté à la fin — non coté dans le score mais qualitatif : « Si vous avez coché un problème, à quel point celui-ci a-t-il rendu votre travail, votre vie à la maison ou vos relations avec les autres difficiles ? ». Il aide à trier les faux positifs et à objectiver le retentissement fonctionnel exigé par le DSM-5.

    Main d'adulte tenant un stylo au-dessus d'un formulaire médical en salle d'attente lumineuse
    Le PHQ-9 se remplit en 2 à 3 minutes en salle d'attente ou en téléconsultation — un gain de temps notable pour le médecin.

    Interprétation du score total

    Le score total est la somme des 9 items, de 0 à 27. L'interprétation en 5 paliers de sévérité est celle proposée par Kroenke en 2001, reprise par la HAS et par la plupart des recommandations internationales (NICE, APA).

    Interprétation du score PHQ-9 en 5 paliers
    Le seuil ≥ 10 est le plus robuste pour le dépistage. À partir de ce seuil, une évaluation clinique complète est recommandée. Un score ≥ 20 oriente d'emblée vers un psychiatre.
    0–4 — Dépression minime
    • Probablement pas de dépression caractérisée
    • Symptômes ponctuels possibles
    • Surveillance et hygiène de vie
    5–9 — Dépression légère
    • Watchful waiting, revoir à 2–4 semaines
    • Psychoéducation, activation comportementale
    • Activité physique, sommeil régulier
    10–14 — Dépression modérée
    • Évaluation clinique complète
    • Psychothérapie (TCC) en 1re ligne
    • ISRS à discuter selon contexte
    15–27 — Modérément sévère à sévère
    • TCC + ISRS d'emblée (HAS 2017)
    • Orientation psychiatrique ≥ 20
    • Rechercher idées suicidaires, hospitalisation si risque
    Sources : Kroenke 2001, HAS 2017, NICE.

    Performance diagnostique — 88 % / 88 %

    Au seuil de 10, les méta-analyses contemporaines (Levis, BMJ 2019 ; IPD meta-analysis de plus de 100 études) situent les performances du PHQ-9 à :

    • Sensibilité ≈ 88 % — fraction des vrais dépressifs correctement dépistés.
    • Spécificité ≈ 88 % — fraction des non-dépressifs correctement écartés.
    • Valeur prédictive positive modérée (30-60 %) car la prévalence est basse en population générale — d'où l'importance de confirmer par un entretien clinique.
    • Bonne reproductibilité test-retest à 48 h (r > 0,84).
    • Sensibilité au changement : utile pour suivre l'évolution sous traitement (baisse ≥ 5 points = réponse cliniquement significative).

    Attention cependant : le PHQ-9 peut surestimer une dépression dans un contexte de deuil récent, de maladie somatique lourde (cancer, insuffisance cardiaque — items fatigue, sommeil, appétit « parasités »), ou en post-partum immédiat.

    PHQ-9 en contexte — par rapport aux autres échelles

    Plusieurs auto-questionnaires coexistent. Chacun a un public et une finalité.

    PHQ-9 vs GAD-7 vs HAD vs MADRS — usages comparés
    Échelle Nombre d'items Cible Usage principal
    PHQ-9 9 Dépression (critères DSM-5) Dépistage + suivi longitudinal en médecine générale. Gratuit.
    GAD-7 7 Trouble anxieux généralisé Dépistage du TAG (Spitzer 2006). Souvent couplé au PHQ-9 — voir GAD-73.
    HAD (HADS) 14 (7 A + 7 D) Anxiété et dépression chez patients somatiques Validée en pathologies chroniques (cancer, cardio) — les items évitent les signes somatiques.
    MADRS 10 Sévérité de la dépression Hétéro-évaluation par clinicien. Référence dans les essais cliniques.
    BDI-II 21 Dépression Auto-questionnaire plus long, usage recherche et psychologue clinicien.
    Sources : Kroenke 2001, Spitzer 2006, Zigmond & Snaith 1983, Montgomery & Åsberg 1979.

    En médecine générale, la combinaison PHQ-9 + GAD-7 est le gold standard pour dépister simultanément une dépression et un trouble anxieux — les deux coexistent chez 60 % des patients.

    L'item 9 — idées suicidaires

    L'item 9 est à part : toute cotation ≥ 1 (même « plusieurs jours ») signale des pensées de mort ou de se faire du mal, et impose une évaluation immédiate de la crise suicidaire — recherche d'une scénarisation, de moyens accessibles, de facteurs de protection. Une cotation de 2 ou 3 est à considérer comme une urgence clinique.

    Item 9 positif — protocole immédiat

    Toute cotation ≥ 1 à l'item 9 doit déclencher une évaluation clinique immédiate du risque suicidaire (idéation, intentionnalité, planification, accessibilité des moyens). En libéral, le réseau 3114 (numéro national de prévention du suicide, 3114.fr4) est joignable 24 h/24 et 7 j/7 — infirmiers et psychologues formés à la crise. En cas de geste imminent ou de plan précis, appeler le 15. Retirer l'accès aux moyens létaux (médicaments en quantité, armes) est une mesure de sécurité immédiate, documentée dans la gestion de la crise suicidaire.

    Médecin généraliste écoutant attentivement un patient adulte dans un cabinet lumineux, regard bienveillant
    Un score PHQ-9 élevé oriente, mais le diagnostic reste clinique — l'entretien avec le médecin est indispensable pour interpréter le score et rechercher l'item 9.

    Comment l'utiliser en pratique

    • Qui ? Tout patient adulte consultant pour un motif évocateur (asthénie, insomnie, plaintes somatiques inexpliquées, événement de vie difficile), en contexte à haut risque (post-partum, après un infarctus, comorbidité chronique), ou dans un dépistage opportuniste annuel.
    • Où ? En salle d'attente (2-3 minutes), en téléconsultation avec un formulaire partagé, ou dans un suivi longitudinal (comparaison des scores).
    • Quand ? À l'inclusion (dépistage), à 2-4 semaines (suivi précoce), à 6-8 semaines (réponse thérapeutique), puis tous les 2-3 mois selon évolution.
    • Comment l'interpréter ? Score total + analyse des critères cardinaux (items 1-2) + item 9 à part. Un score élevé doit toujours être confirmé par un entretien clinique — le PHQ-9 oriente, il ne diagnostique pas.
    • Limites à connaître : surestimation en cas de maladie somatique lourde, de deuil récent, de post-partum immédiat. Faux négatifs possibles chez les hommes âgés (symptômes masqués) et chez les personnes dissimulant leurs symptômes.

    Le PHQ-9 est un outil — pas un diagnostic. Il remplit son rôle quand il libère la parole, oriente la conduite et sert de référentiel de suivi. Le reste relève de l'examen clinique et du projet thérapeutique, détaillé dans notre pilier sur la dépression de l'adulte5.

    Questions fréquentes

    Où télécharger le PHQ-9 en français ?

    Le PHQ-9 est libre d'usage. La version française officielle (traduction validée par Pfizer Educational Grant) est disponible sur le site phqscreeners.com et dans les annexes des recommandations HAS 2017 sur l'épisode dépressif caractérisé. Il est également intégré dans la plupart des logiciels de cabinet et plateformes de téléconsultation.

    Un score PHQ-9 de 12 veut-il dire que je suis dépressif ?

    Un score de 12 correspond à une dépression modérée au PHQ-9 — il oriente fortement vers une évaluation clinique complète par un médecin. Ce n'est pas un diagnostic : certains contextes (maladie chronique fatigante, deuil récent, post-partum) surestiment le score. L'entretien avec un médecin traitant ou un psychiatre confirme ou écarte le diagnostic d'épisode dépressif caractérisé (DSM-5).

    Le PHQ-9 est-il fiable chez l'adolescent ?

    Une version adaptée existe : le PHQ-A (PHQ for Adolescents), validée pour les 11-17 ans. Chez l'adolescent, l'évaluation par un pédiatre ou un pédopsychiatre reste indispensable, car les présentations sont souvent atypiques (irritabilité au premier plan plutôt que tristesse) et les facteurs de risque différents (cyberharcèlement, addictions, usage écrans).

    À quelle fréquence refaire le PHQ-9 sous traitement ?

    Le PHQ-9 est sensible au changement : il peut être refait à 2 semaines (réévaluation précoce), 4-6 semaines (premier effet des ISRS), 8-12 semaines (effet complet), puis tous les 2-3 mois. Une baisse ≥ 5 points définit une réponse cliniquement significative. Un score qui stagne à 6-8 semaines sous traitement bien conduit doit faire réévaluer la stratégie (dose, switch, ajout TCC).

    PHQ-9 ou MADRS — lequel choisir ?

    Le PHQ-9 est un auto-questionnaire rempli par le patient — idéal en médecine générale et en suivi. La MADRS (Montgomery-Åsberg Depression Rating Scale) est une hétéro-évaluation remplie par un clinicien formé — référence dans les essais cliniques et en milieu hospitalier psychiatrique. Les deux sont complémentaires : PHQ-9 pour le dépistage et le suivi courant, MADRS pour quantifier finement la sévérité.

    Aller plus loin

    • Dépression de l'adulte : reconnaître, diagnostiquer, traiter5 — Pilier de référence : critères DSM-5, TCC + ISRS, prévention de rechute, idées suicidaires.
    • Gestion du stress au quotidien6 — Pilier santé mentale, facteur de risque amont de la dépression.
    • Anxiété généralisée (TAG) — diagnostic et GAD-73 — Échelle sœur du PHQ-9, souvent administrée en combinaison.
    • Burn-out : reconnaître et agir7 — Diagnostic différentiel de la dépression — MBI plutôt que PHQ-9.
    • Méditation MBSR / MBCT8 — MBCT validée en prévention de rechute après ≥ 3 épisodes dépressifs.

    Sources et références

    • Kroenke K, Spitzer RL, Williams JBW — The PHQ-9: validity of a brief depression severity measure (J Gen Intern Med, 2001)1
      Publication princeps validant le PHQ-9 : sensibilité et spécificité de 88 % au seuil ≥ 10 pour le dépistage d'un épisode dépressif caractérisé.
    • HAS — Épisode dépressif caractérisé de l'adulte : prise en charge en soins de premier recours (2017)2
      Recommandations HAS citant le PHQ-9 comme outil de dépistage et de suivi de la dépression en médecine générale.
    • Levis B et al. — Accuracy of the PHQ-9 for screening to detect major depression: individual participant data meta-analysis (BMJ, 2019)9
      Méta-analyse IPD confirmant la performance du PHQ-9 (sensibilité ≈ 88 %, spécificité ≈ 88 %) au seuil ≥ 10.
    • INSERM — Psychothérapie : trois approches évaluées (2015)10
      Expertise INSERM validant la TCC dans la prise en charge de la dépression identifiée par les outils de dépistage comme le PHQ-9.
    • Ameli.fr — Dépression : reconnaître les symptômes11
      Ressource pédagogique Assurance Maladie précisant les signes de dépression et l'intérêt des outils de dépistage en soins primaires.
    Questions Fréquentes

    Réponses aux questions les plus courantes

    <p>Le PHQ-9 est libre d'usage. La version française officielle (traduction validée par Pfizer Educational Grant) est disponible sur le site phqscreeners.com et dans les annexes des recommandations HAS 2017 sur l'épisode dépressif caractérisé. Il est également intégré dans la plupart des logiciels de cabinet et plateformes de téléconsultation.</p>

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    Sourcé auprès d'autorités indépendantes

    Cet article a été rédigé par Bilal YIKILMAZ, rédacteur en chef de cestlasante.com. Il n'est pas médecin : chaque recommandation ci-dessus s'appuie sur des sources médicales indépendantes, explicitement citées.

    Autorités citées : HAS, INSERM, OMS.

    Dernière révision éditoriale : 21 avril 2026.

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    Santé mentale
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    21 avril 2026
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