Embolie pulmonaire : reconnaître les signes et comprendre le diagnostic
Embolie pulmonaire : obstruction d'une artère pulmonaire par un caillot, ~40 000 cas/an en France (Inserm), mortalité aiguë 6 %. Dyspnée brutale + douleur thoracique + tachycardie : appel 15. Diagnostic : score Wells/Genève, D-dimères, angio-TDM. Anticoagulation immédiate, thrombolyse si choc.

L'embolie pulmonaire (EP) est l'une des trois grandes urgences cardio-vasculaires de l'adulte, aux côtés de l'infarctus et de l'AVC. Elle survient lorsqu'un caillot — généralement formé dans les veines profondes des jambes (thrombose veineuse profonde, TVP) — se détache, remonte par la veine cave et bouche tout ou partie de l'arbre artériel pulmonaire. La conséquence est double : un défaut d'oxygénation du sang et une surcharge brutale du ventricule droit, parfois jusqu'au choc cardiogénique. Selon l'Inserm1, la France compte chaque année environ 50 000 à 100 000 phlébites et 40 000 embolies pulmonaires, avec une mortalité aiguë de 6 % et de 26 % à un an toutes formes confondues. Les recommandations ESC 20192 coordonnées par Konstantinides et Meyer structurent la conduite diagnostique et thérapeutique partout en Europe.
Qu'est-ce qu'une embolie pulmonaire ?
Le mécanisme est presque toujours le même : un caillot se forme dans une veine profonde (généralement mollet, cuisse ou bassin), un fragment se détache, traverse la veine cave inférieure, le cœur droit, et se loge dans une artère pulmonaire. Selon le calibre du vaisseau bouché, les conséquences vont de l'EP asymptomatique (caillot distal sans retentissement) à l'EP massive (atteinte des troncs proximaux, choc, arrêt cardiaque).
Trois grandes catégories de gravité sont retenues par l'ESC 20192 :
- EP à haut risque — état de choc ou hypotension persistante. Mortalité hospitalière > 15 %. Indication potentielle à la thrombolyse (alteplase IV) ou à la désobstruction mécanique percutanée.
- EP à risque intermédiaire — patient hémodynamiquement stable mais avec dysfonction du ventricule droit (échographie cardiaque) ou élévation des biomarqueurs (troponine, BNP). Surveillance rapprochée en unité spécialisée ; thrombolyse à discuter au cas par cas.
- EP à bas risque — clinique stable, ventricule droit normal, biomarqueurs normaux. Possibilité d'une prise en charge ambulatoire précoce dans certains centres, après scores de pronostic favorables (PESI / sPESI).

Symptômes : comment la reconnaître ?
Aucun symptôme n'est spécifique de l'EP, mais certaines associations doivent alerter. Les signes les plus fréquemment rapportés dans les registres français et européens sont :
- Dyspnée (essoufflement) — présente dans ~80 % des EP. Souvent de survenue brutale, en quelques minutes à quelques heures, et persistante au repos.
- Douleur thoracique pleurale — majorée à l'inspiration profonde, latéralisée, parfois pseudo-angineuse si EP centrale.
- Tachycardie > 100 / min — signe le plus constant.
- Toux, parfois hémoptysie (crachats sanglants) lorsqu'un infarctus pulmonaire s'installe.
- Syncope ou lipothymie — signe de gravité, à évoquer même sans douleur thoracique.
- Signes de phlébite associée : mollet ou cuisse douloureux, chaud, rouge, augmenté de volume, parfois mollet ferme.
- Hypotension, marbrures, oligurie — signes de choc cardiogénique imposant la réanimation.
Chez la personne âgée, l'EP se manifeste volontiers par un tableau trompeur : confusion brutale, chute, décompensation cardiaque ou respiratoire isolée, fièvre. L'absence des signes classiques ne doit pas écarter le diagnostic.
Facteurs de risque à connaître
Le risque thromboembolique veineux se construit à partir de trois grands déterminants (triade de Virchow) : stase veineuse, lésion endothéliale, hypercoagulabilité. Concrètement, les facteurs cliniques classiques sont :
Comment se fait le diagnostic ?
La démarche, codifiée par l'ESC 20192, suit toujours trois étapes : probabilité clinique pré-test, D-dimères, et — selon le résultat — angio-TDM thoracique. L'enjeu est d'éviter à la fois un scanner inutile (irradiation, iode) et un retard diagnostique potentiellement mortel.
1. Le score clinique : Wells ou Genève
Deux scores équivalents sont validés et recommandés. Ils donnent un niveau de probabilité (faible, intermédiaire, élevée) qui conditionne la suite. Le score de Genève simplifié a l'avantage de ne pas reposer sur une appréciation subjective du clinicien ; le Wells reste plus utilisé en France.
| Critère | Wells modifié (points) | Genève simplifié (points) |
|---|---|---|
| Antécédent de TVP ou d'EP | 1,5 | 1 |
| Chirurgie ou immobilisation < 4 sem. | 1,5 | 1 |
| Cancer actif | 1 | 1 |
| Hémoptysie | 1 | 1 |
| Fréquence cardiaque > 100 / min | 1,5 | 1 (75-94) ; 2 (≥ 95) |
| Signes cliniques de TVP (mollet, œdème) | 3 | 1 |
| Diagnostic alternatif jugé moins probable | 3 | — |
| Âge > 65 ans | — | 1 |
| Douleur unilatérale d'un membre inférieur | — | 1 |
| Probabilité faible | ≤ 4 | 0-1 |
| Probabilité intermédiaire | 4,5 - 6 | 2-4 |
| Probabilité élevée | > 6 | ≥ 5 |
2. Les D-dimères : un test d'exclusion, pas de confirmation
Les D-dimères sont des produits de dégradation de la fibrine. Leur dosage sanguin a un excellent pouvoir d'exclusion mais une faible spécificité (élévation aussi dans l'inflammation, l'infection, le post-opératoire, le cancer, la grossesse, le grand âge).
- En cas de probabilité faible ou intermédiaire, des D-dimères négatifs (< 500 ng/mL, ou ajustés à l'âge pour les > 50 ans : âge × 10 ng/mL) excluent l'EP sans imagerie complémentaire.
- En cas de probabilité élevée, les D-dimères ne sont pas utiles : on passe directement à l'angio-TDM.
- Les D-dimères positifs n'affirment jamais l'EP : ils imposent un examen d'imagerie pour confirmer ou infirmer.
3. L'angio-TDM thoracique : l'examen de référence
Réalisé en quelques minutes, l'angio-TDM (scanner thoracique avec injection iodée) visualise directement les caillots intra-vasculaires. Sensibilité et spécificité > 95 % pour les artères proximales et segmentaires. C'est devenu l'examen de référence partout où il est disponible 24 h / 24.
Alternatives :
- Scintigraphie pulmonaire de ventilation/perfusion — réservée à la grossesse (irradiation fœtale moindre), à l'insuffisance rénale sévère ou à l'allergie sévère à l'iode.
- Échographie cardiaque transthoracique — apprécie le retentissement sur le ventricule droit ; précieuse en réanimation, ne fait pas le diagnostic positif d'EP à elle seule.
- Échographie-Doppler des membres inférieurs — utile si l'angio-TDM n'est pas disponible et qu'il existe des signes de phlébite : une TVP proximale confirmée dans ce contexte autorise le traitement par anticoagulants en présomption.

- Dyspnée, douleur thoracique, tachycardie, syncope
- Contexte à risque (immobilisation, chirurgie, cancer, contraception)
- Recherche systématique des signes de phlébite
- Probabilité faible / intermédiaire → dosage des D-dimères
- Probabilité élevée → angio-TDM directement
- D-dimères négatifs (ajustés à l'âge) → EP exclue
- D-dimères positifs → angio-TDM thoracique
- Alternative : scintigraphie V/Q si grossesse ou allergie iode
- Choc / hypotension → thrombolyse ou désobstruction
- Risque intermédiaire → surveillance + anticoagulation
- Bas risque → anticoagulation ; sortie précoce envisageable selon PESI
Traitement : anticoagulation immédiate, désobstruction si choc
La règle d'or : dès que la probabilité clinique est intermédiaire ou élevée et qu'il n'y a pas de contre-indication, commencer l'anticoagulation sans attendre le résultat de l'imagerie. Le retard d'anticoagulation est l'un des grands facteurs évitables de mortalité.
Anticoagulation initiale
- Héparines de bas poids moléculaire (HBPM) en sous-cutanée — énoxaparine, tinzaparine, daltéparine. Premier choix dans la majorité des situations. Voir RBP ANSM3.
- Fondaparinux — alternative chez le patient à risque de thrombopénie induite par l'héparine.
- Héparine non fractionnée IV — réservée à l'EP grave avec instabilité, à l'insuffisance rénale sévère, ou avant un geste invasif.
- Anticoagulants oraux directs (AOD) — rivaroxaban et apixaban peuvent être débutés d'emblée (sans relais HBPM préalable) chez le patient stable et non cancéreux. Dabigatran et édoxaban nécessitent 5 à 10 jours d'HBPM d'abord.
- AVK — warfarine, fluindione : prescrits avec relais HBPM/AOD jusqu'à INR > 2 sur 2 jours consécutifs.
EP grave : thrombolyse et désobstruction
En cas d'EP à haut risque (choc, hypotension), la thrombolyse intraveineuse (alteplase 100 mg sur 2 h) restaure rapidement la perfusion pulmonaire. À défaut — contre-indication à la thrombolyse, échec, instabilité majeure — la désobstruction percutanée par cathétérisme ou la chirurgie d'embolectomie sont à discuter en centre spécialisé. C'est l'esprit du dispositif SOS embolie pulmonaire grave de l'Hôpital européen Georges-Pompidou4, structure d'astreinte mobilisable 24 h / 24 et 7 j / 7 dont l'objectif est de réunir en moins d'une heure réanimateurs, pneumologues, radiologues interventionnels et chirurgiens cardiaques face à une EP grave.
Le Pr Olivier Sanchez explique que la prise en charge de l'embolie pulmonaire grave est une urgence vitale qui requiert une équipe pluridisciplinaire spécialisée, disponible en permanence — c'est le principe du dispositif SOS embolie pulmonaire grave de l'HEGP.
- L'embolie pulmonaire est l'une des principales causes de mortalité cardiovasculaire en France, après l'infarctus et l'AVC.
- La forme grave se caractérise par un état de choc lié à l'obstruction des artères pulmonaires par les caillots.
- Le traitement des formes graves vise à déboucher la circulation pulmonaire au plus vite — médicaments, cathéter ou chirurgie.
- La prise en charge nécessite une équipe pluridisciplinaire entraînée : réanimateurs, pneumologues, radiologues interventionnels et chirurgiens cardiaques.
- Le dispositif « SOS embolie pulmonaire grave » de l'HEGP est mobilisable 24 h / 24 et 7 j / 7 via un numéro unique réservé aux équipes médicales.
Topographie : de la jambe au poumon
La plupart des EP proviennent d'une thrombose veineuse profonde (TVP) du membre inférieur. La recherche systématique d'une TVP — interrogatoire, examen des mollets et cuisses, échographie-Doppler en cas de doute — est partie intégrante du bilan. Une TVP proximale (poplitée, fémorale, iliaque) confirmée sous des signes pulmonaires suffit à autoriser le traitement anticoagulant. Les TVP distales (mollet seul) sont moins emboligènes mais peuvent s'étendre — elles imposent une surveillance échographique.
Le caillot se forme presque toujours dans les veines profondes du mollet, de la cuisse ou du bassin (thrombose veineuse profonde). Un fragment peut se détacher, remonter par la veine cave inférieure, traverser le cœur droit et obstruer une artère pulmonaire — c'est l'embolie pulmonaire.
- Veines profondes du mollet — Site de formation le plus fréquent — phlébites distales, souvent peu emboligènes mais à surveiller car peuvent s'étendre vers la cuisse.
- Veines fémorales et poplitées — Phlébite proximale — 30 à 50 % évoluent vers une embolie pulmonaire si non traitées. Traitement anticoagulant immédiat.
- Artères pulmonaires — Site d'obstruction par le caillot migrateur — diagnostic par angio-TDM thoracique, traitement par anticoagulation ± thrombolyse.
Schéma SVG non clinique à but pédagogique. La distribution réelle peut varier d'un patient à l'autre.

Après l'épisode : durée du traitement et récidive
La durée de l'anticoagulation est désormais individualisée :
- EP avec facteur déclenchant majeur transitoire (chirurgie récente, immobilisation, fracture, plâtre) → 3 mois d'anticoagulation, rarement plus.
- EP sans facteur déclenchant identifié (EP "non provoquée") → au moins 3 mois, puis discussion d'une poursuite indéfinie à faible dose (rivaroxaban 10 mg, apixaban 2,5 mg × 2/j) selon le rapport bénéfice/risque hémorragique.
- EP sur cancer actif → HBPM ou AOD au long cours, tant que le cancer évolue.
- EP récidivante ou thrombophilie sévère → anticoagulation au long cours.
La surveillance ambulatoire inclut : observance des anticoagulants, signes de récidive (dyspnée d'effort, œdème), signes hémorragiques (épistaxis, hématomes, rectorragies, hématurie), créatininémie pour les AOD à élimination rénale, et — à 3-6 mois — un bilan d'imagerie si la dyspnée persiste à la recherche d'une hypertension pulmonaire post-embolique chronique (CTEPH), complication rare mais grave qui touche environ 3 % des survivants d'EP.
Quand orienter, quand traiter en ambulatoire ?
- SAMU (15) immédiat — toute suspicion d'EP avec signes d'instabilité (choc, syncope, hypoxémie sévère, douleur thoracique intense).
- Urgences hospitalières — suspicion d'EP avec dyspnée ou douleur thoracique, terrain à risque, anomalies de l'ECG ou de la SpO₂. Ne pas conduire soi-même.
- Cardiologue / pneumologue — bilan après une EP, suivi de l'anticoagulation, recherche de récidive ou de CTEPH.
- Hématologue — bilan de thrombophilie en cas d'EP non provoquée, d'EP avant 50 ans, d'antécédents familiaux multiples, ou de localisation atypique (veine porte, sinus cérébral).
- Médecin traitant — surveillance au long cours, adaptation du traitement, prévention en cas de chirurgie, voyage, grossesse ou changement de contraception.
Questions fréquentes
Comment reconnaître une embolie pulmonaire chez soi ou un proche ?
Une dyspnée brutale (essoufflement de survenue rapide, persistant au repos), une douleur thoracique majorée à l'inspiration, une tachycardie au-delà de 100 / min, parfois une syncope ou des crachats sanglants doivent faire évoquer une EP — surtout en contexte à risque (immobilisation, chirurgie récente, cancer, contraception œstro-progestative, grossesse / post-partum). Examiner les mollets à la recherche d'une jambe douloureuse, chaude, rouge ou augmentée de volume. Appel 15 immédiat en présence de ces signes. Ne jamais minimiser une dyspnée brutale, même brève.
Combien de temps faut-il rester sous anticoagulant après une embolie pulmonaire ?
La durée minimale est de 3 mois. Au-delà, elle est individualisée. Une EP provoquée par un facteur transitoire majeur (chirurgie, immobilisation, plâtre) s'arrête souvent à 3 mois. Une EP non provoquée ou récidivante conduit à discuter une anticoagulation au long cours à faible dose (rivaroxaban 10 mg, apixaban 2,5 mg × 2 / j). Une EP sur cancer actif impose une anticoagulation tant que le cancer évolue. Cette décision se prend en concertation avec le cardiologue ou le médecin spécialisé après évaluation du rapport bénéfice / risque hémorragique. Voir nos articles sur AVK ou AOD : bon usage10 et Fibrillation auriculaire et anticoagulation11.
Un vol long-courrier peut-il vraiment déclencher une embolie pulmonaire ?
Oui, mais le risque absolu reste modeste pour un individu en bonne santé. Le risque thromboembolique augmente à partir de 4-6 heures de vol et continue à croître pour les vols > 8 h. Les facteurs aggravants sont l'obésité, la contraception œstro-progestative, la grossesse, un antécédent personnel de phlébite, une thrombophilie connue, un cancer actif, une chirurgie récente. Mesures recommandées : se lever et marcher dans la cabine toutes les 1 à 2 heures, exercer régulièrement les mollets en position assise, bien s'hydrater, éviter l'alcool, porter des bas de contention de classe 2 en cas de facteur de risque. Une HBPM préventive peut être discutée avec le médecin pour les patients à très haut risque.
Une phlébite non traitée évolue-t-elle toujours vers une embolie pulmonaire ?
Non, heureusement — mais le risque est suffisamment important pour qu'aucune phlébite ne soit laissée sans traitement. Selon les séries, environ 30 à 50 % des phlébites proximales non traitées (poplitée, fémorale, iliaque) évoluent vers une EP, dont une partie mortelle. Les phlébites distales (mollet seul) sont moins emboligènes mais peuvent s'étendre vers les axes proximaux. Tout signe de phlébite — mollet ou cuisse douloureux, chaud, rouge, augmenté de volume, mollet ferme, douleur à la flexion dorsale du pied — impose une consultation médicale rapide et une échographie-Doppler veineuse en confirmation. Le traitement anticoagulant débute dès la confirmation, parfois avant en cas de forte probabilité clinique.
Quelle est la place de la chirurgie ou du cathéter dans l'embolie pulmonaire grave ?
Elle est réservée aux formes graves avec choc ou contre-indication / échec de la thrombolyse intraveineuse. Trois options existent : (1) thrombolyse intra-cathéter à débit réduit, qui délivre l'alteplase directement dans le caillot avec un risque hémorragique moindre ; (2) désobstruction percutanée mécanique par fragmentation, aspiration ou thrombectomie endo-vasculaire ; (3) embolectomie chirurgicale sous circulation extracorporelle, en dernier recours. Ces gestes exigent une équipe pluridisciplinaire entraînée — c'est le principe du dispositif SOS embolie pulmonaire grave de l'Hôpital européen Georges-Pompidou (AP-HP)4, mobilisable 24 h / 24 et 7 j / 7, qui a inspiré plusieurs centres français similaires (AP-HM, CHU Brest, Hôpital Nord à Marseille).
Peut-on traiter une embolie pulmonaire en ambulatoire, sans hospitalisation ?
Oui, dans des conditions strictes. Les recommandations ESC 20192 autorisent une prise en charge ambulatoire précoce ou une sortie d'hôpital à J1-J2 pour les patients à bas risque, définis par un score sPESI à 0 (pas d'âge > 80 ans, pas de cancer, pas de pathologie cardio-pulmonaire chronique, fréquence cardiaque < 110 / min, PAS > 100 mmHg, SaO₂ > 90 %), un ventricule droit normal à l'échographie, des biomarqueurs (troponine, BNP) négatifs, et un entourage familial / soignant disponible. L'anticoagulation est alors démarrée par rivaroxaban ou apixaban oral d'emblée. Cette approche, validée par l'essai HoT-PE notamment, est devenue la pratique standard dans les centres français.
Aller plus loin
- Santé cardiovasculaire de l'adulte12 — Pillier de référence : panorama des grandes urgences cardio-vasculaires (infarctus, AVC, insuffisance cardiaque, EP) et de leur prévention.
- AVK ou AOD : anticoagulation et bon usage10 — Choix de la molécule, durée de traitement, surveillance — applicables directement à la suite d'une EP.
- Fibrillation auriculaire et risque d'AVC11 — Autre grande indication des anticoagulants — partage la logique de stratification du risque thromboembolique.
- AOMI et claudication intermittente13 — Manifestation artérielle de la maladie vasculaire — à différencier de la cause veineuse de l'EP, mais terrain souvent commun.
- Infarctus du myocarde : symptômes et urgence14 — Autre douleur thoracique d'urgence — diagnostic différentiel le plus fréquent de l'EP.
Sources et références
- Konstantinides, Meyer et al. — ESC 2019 Guidelines for the Diagnosis and Management of Acute Pulmonary Embolism (European Heart Journal)15
Recommandations européennes 2019 ESC / ERS — algorithme diagnostique en 3 étapes (score clinique, D-dimères, angio-TDM), stratification du risque (haut / intermédiaire / bas), indications thérapeutiques (anticoagulation, thrombolyse, désobstruction). - Inserm — Dossier thrombose veineuse / phlébite16
Données épidémiologiques françaises : 50 000 à 100 000 phlébites et environ 40 000 embolies pulmonaires par an, mortalité aiguë 6 %, mortalité à un an 26 %. - Ameli — Embolie pulmonaire (fiche grand public Assurance Maladie)17
Présentation grand public : signes d'alerte (dyspnée brutale, douleur thoracique, tachycardie), conduite à tenir, prise en charge hospitalière, suivi sous anticoagulants. - AP-HP — Hôpital européen Georges-Pompidou : SOS embolie pulmonaire grave4
Dispositif dédié à l'embolie pulmonaire grave, créé en 2017 à l'HEGP : équipe pluridisciplinaire (réanimateurs, pneumologues, radiologues interventionnels, chirurgiens cardiaques) mobilisable 24 h / 24 et 7 j / 7. - ANSM — Recommandations de bonne pratique : prévention et traitement de la maladie thromboembolique veineuse3
Référentiel français — choix de l'anticoagulant initial (HBPM, fondaparinux, héparine non fractionnée), relais par AOD ou AVK, durée du traitement selon le contexte étiologique. - SPLF — Société de Pneumologie de Langue Française : Embolie pulmonaire — recommandations en pratique18
Analyse francophone des recommandations ESC 2019 par la SPLF — points de vigilance pratiques, place de la scintigraphie pulmonaire, EP de la femme enceinte, EP sur cancer.
Réponses aux questions les plus courantes
<p>Une <strong>dyspnée brutale</strong> (essoufflement de survenue rapide, persistant au repos), une <strong>douleur thoracique</strong> majorée à l'inspiration, une <strong>tachycardie</strong> au-delà de 100 / min, parfois une <strong>syncope</strong> ou des <strong>crachats sanglants</strong> doivent faire évoquer une EP — surtout en contexte à risque (immobilisation, chirurgie récente, cancer, contraception œstro-progestative, grossesse / post-partum). Examiner les mollets à la recherche d'une <strong>jambe douloureuse, chaude, rouge ou augmentée de volume</strong>. <strong>Appel 15 immédiat</strong> en présence de ces signes. Ne jamais minimiser une dyspnée brutale, même brève.</p>
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Sourcé auprès d'autorités indépendantes
Cet article a été rédigé par Bilal YIKILMAZ, rédacteur en chef de cestlasante.com. Il n'est pas médecin : chaque recommandation ci-dessus s'appuie sur des sources médicales indépendantes, explicitement citées.
Autorités citées : HAS, INSERM, OMS.
Dernière révision éditoriale : .