Vaccin Covid 2025-2026 : qui, quand et avec quel produit ?
Recommandations HAS 2025 pour la campagne automnale : 65 ans et plus, comorbidités, femme enceinte, soignants. Vaccins adaptés aux variants XBB/JN.1, co-administration avec la grippe.

La vaccination Covid est désormais intégrée à la campagne automnale classique, aux côtés de la grippe. Depuis les recommandations HAS de 2023-2024, on ne vaccine plus « tout le monde » chaque année : la stratégie cible les personnes les plus exposées aux formes graves, avec un rappel annuel à l'automne, et un rappel supplémentaire au printemps pour les plus fragiles.
Qui est concerné par la campagne automnale ?
La HAS (2024) recommande un rappel annuel à l'automne pour :
- Toute personne de 65 ans et plus.
- Les personnes atteintes de comorbidités à risque : diabète, BPCO, cardiopathies, AVC, cancer, immunodépression (VIH, traitement immunosuppresseur), insuffisance rénale sévère, obésité sévère (IMC ≥ 40), trisomie 21.
- Les femmes enceintes, à tout trimestre.
- Les résidents d'EHPAD et USLD.
- Les professionnels de santé et du médico-social, ainsi que les aidants de personnes à risque.
- L'entourage des personnes immunodéprimées.
Pour les personnes très immunodéprimées (greffés, dialyse, traitements par anti-CD20, VIH non contrôlé), un rappel supplémentaire au printemps (6 mois après celui d'automne) est recommandé.
Qui n'est plus vacciné systématiquement ?
Les adultes en bonne santé de moins de 65 ans ne sont plus prioritaires pour un rappel annuel. Ils conservent néanmoins la possibilité de se faire vacciner s'ils le souhaitent, notamment avant un voyage ou dans un contexte professionnel exposé. La vaccination reste prise en charge à 100 % sans avance de frais.
Quels vaccins utilisés ?
Les vaccins utilisés en 2025-2026 sont actualisés chaque année pour suivre l'évolution des variants circulants. Ils ciblent les sous-lignages omicron en circulation, en particulier la famille JN.1 et ses dérivés (KP.3, etc.).
- Comirnaty (Pfizer-BioNTech) : vaccin ARNm monovalent adapté aux variants actuels (XBB.1.5 pour 2024-2025, JN.1 pour 2025-2026). Recommandé dès 12 ans.
- Spikevax (Moderna) : vaccin ARNm monovalent également adapté, recommandé dès 12 ans.
- Nuvaxovid (Novavax) : vaccin protéique recombinant, alternative aux vaccins ARNm pour les adultes qui les refusent ou y sont intolérants.
En pratique, la HAS recommande d'utiliser le vaccin disponible au moment de la campagne, sans hiérarchie stricte entre Comirnaty et Spikevax.
Efficacité du rappel automnal
Selon les données européennes VEBIS et Santé publique France (bulletin 2024) :
- Efficacité du rappel contre les formes symptomatiques : 25 à 45 % dans les 3 mois suivant l'injection, déclinant rapidement.
- Efficacité contre les hospitalisations : environ 60 % sur les 3 à 6 premiers mois chez les 65 ans et plus.
- Efficacité contre les formes graves / décès : 65 à 80 % chez les sujets âgés.
Comme pour la grippe, la protection s'émousse avec le temps (6 mois environ), ce qui justifie un rappel annuel pour les populations à risque.
Co-administration grippe et Covid
La co-administration est recommandée et pratiquée sur la même séance : vaccin grippe dans un bras, vaccin Covid dans l'autre. Cette stratégie est validée par la HAS (2023) sans perte d'efficacité ni accroissement des effets indésirables. Elle simplifie le parcours vaccinal et améliore la couverture.
Qui peut vacciner ?
- Médecin, infirmier, sage-femme.
- Pharmacien formé (dès 12 ans).
- Chirurgien-dentiste (depuis 2022).

La vaccination est gratuite pour toutes les personnes éligibles : bon de prise en charge Assurance Maladie ou facturation directe en tiers payant.
Effets indésirables
Les effets indésirables sont le plus souvent bénins et transitoires :
- Douleur, rougeur au point d'injection (60 à 80 % des cas).
- Fatigue, céphalées, myalgies (20 à 40 %), 24 à 48 h.
- Fièvre modérée (< 20 %).
- Myocardite et péricardite : effets rares (1 à 10 cas pour 100 000 doses chez les hommes jeunes de moins de 30 ans), le plus souvent bénins et réversibles (ANSM, 2023).
- Anaphylaxie : très rare, 1 à 5 cas par million de doses.
Les données de pharmacovigilance accumulées sur plus de 13 milliards de doses dans le monde confirment un profil de sécurité favorable (ANSM, OMS, 2024).
Cas particuliers
- Grossesse : vaccination recommandée à tout trimestre ; protection partielle du nourrisson par transfert placentaire d'anticorps.
- Allaitement : aucune contre-indication, le vaccin n'est pas transmis au bébé.
- Immunodépression sévère : schéma renforcé (3 doses primaires au lieu de 2), puis 2 rappels par an (automne + printemps).
- Antécédent de Covid : la vaccination reste utile pour renforcer l'immunité, généralement 3 mois après l'infection.
- Covid long : la vaccination ne l'aggrave pas et réduirait légèrement la fréquence des Covid longs post-infection (méta-analyse INSERM 2023).
Pourquoi la stratégie a-t-elle évolué depuis 2023 ?
De 2020 à 2022, la vaccination Covid concernait la population générale, avec des rappels tous les 6 mois pour tous. Depuis 2023, l'épidémie est entrée en phase endémique : la majorité de la population a une immunité hybride (vaccination + infection naturelle). La HAS a donc recentré la campagne :
- Populations à risque (65+, comorbidités, immunodéprimés) : rappels annuels, voire semestriels.
- Population générale : vaccination ouverte à la demande, non recommandée systématiquement en routine.
- Harmonisation avec la campagne grippale (même automne, mêmes canaux de distribution).
Cette stratégie reflète à la fois l'évolution de l'épidémie (passage de l'ancienne urgence à la gestion chronique d'un virus respiratoire saisonnier) et le pragmatisme de concentrer les ressources là où le bénéfice est le plus grand.
Surveillance des variants
Les variants du SARS-CoV-2 continuent d'émerger et de se succéder. Les principaux suivis par l'OMS et Santé publique France en 2024-2026 :
- JN.1 et sous-lignages (KP.2, KP.3, LB.1, XEC) : famille omicron dominante depuis fin 2023.
- Les vaccins adaptés JN.1 pour la campagne 2025-2026 restent efficaces contre ces sous-lignages apparentés.
- Surveillance épidémiologique hebdomadaire via le réseau Sentinelles, OSCOUR, SI-VIC (Santé publique France).
Où se faire vacciner ?
La vaccination Covid 2025-2026 se fait en pharmacie (prédominant pour l'offre de proximité), chez le médecin traitant, au cabinet infirmier, chez la sage-femme (pour sa patientèle), ou en centre de santé. La prise en charge reste intégrale par l'Assurance Maladie pour les personnes éligibles, sans avance de frais.
Balance bénéfice-risque en 2026
Pour les populations à risque, la vaccination reste un outil majeur : réduction de 60 % des hospitalisations, 65 à 80 % des formes graves, diminution de la mortalité. Pour les adultes en bonne santé, le rapport bénéfice-risque est plus nuancé, ce qui justifie une décision individuelle. La HAS ne déconseille pas la vaccination en dehors des populations prioritaires : elle la laisse au libre choix après information. Cette évolution reflète la maturité acquise sur la gestion du Covid après 5 ans de pandémie.

Suivi pharmacovigilance des vaccins Covid
Plus de 13 milliards de doses de vaccins Covid ont été administrées dans le monde depuis décembre 2020. En France, l'ANSM publie des points réguliers de pharmacovigilance (voir ansm.sante.fr). Synthèse des signaux validés :
- Myocardite post-ARNm chez les hommes < 30 ans : risque faible (1/10 000 à 1/50 000 doses), majoritairement bénin, justifiant une vigilance mais maintenant la recommandation dans les populations à risque.
- Thromboses avec thrombopénie après vaccins adénovirus (AstraZeneca, Janssen) : retrait effectif en Europe, remplacés par ARNm.
- Troubles menstruels transitoires : signalés, étudiés (étude française EPI-PHARE 2022), réversibles, sans conséquence sur la fertilité.
- Covid long : aucun sur-risque lié aux vaccins ; au contraire, réduction modeste du Covid long post-infection vaccinée.
Aucun signal d'effet tardif grave n'est apparu malgré 5 ans de surveillance mondiale intense. Ce recul est rassurant et justifie la confiance dans les vaccins disponibles.
Conseils pratiques pour la vaccination 2025-2026
- Se faire vacciner à l'automne (octobre-décembre), idéalement avant le pic hivernal.
- Coupler avec la vaccination grippe (gain de temps et protection maximale).
- Préférer la pharmacie de proximité (sans rendez-vous) pour simplifier la démarche.
- Vérifier que son carnet de santé / Mon espace santé est à jour.
- Ne pas s'inquiéter d'une légère fièvre ou fatigue dans les 24-48 h suivant la vaccination.
- Avoir un doute ou une situation particulière (grossesse, immunodépression, maladie rare) : demander l'avis du médecin traitant.
Et après 2026 ?
La HAS réévalue chaque année la stratégie vaccinale Covid en fonction de l'évolution de l'épidémie et des variants. Les scénarios envisagés incluent :
- Une vaccination annuelle automne-hiver stable pour les populations à risque (le plus probable).
- Le développement de vaccins multivalents combinant grippe + Covid en une seule injection (plusieurs candidats en phase III en 2025).
- L'intégration d'une valence Covid dans la vaccination grippe haute dose des personnes âgées.
- Des vaccins à administration nasale (à l'étude) qui pourraient mieux prévenir la transmission.
Cette ère post-aigüe du Covid invite à une vision pragmatique : la vaccination n'est plus un enjeu de santé d'urgence, mais un outil intégré dans la prévention respiratoire hivernale.
Vaccination et grossesse : point détaillé
La vaccination anti-Covid de la femme enceinte a fait l'objet de larges études de sécurité depuis 2021. Les conclusions convergent :
- Aucun sur-risque de fausse couche, de malformation, de prématurité ou de mort fœtale in utero (études V-Safe CDC, ANSM EPI-PHARE, cohorte ComCOT).
- Protection maternelle contre les formes graves (risque ×4 de Covid sévère durant le 3e trimestre sans vaccination).
- Transfert transplacentaire d'anticorps protégeant le nouveau-né durant ses premiers mois de vie.
- Recommandée à partir du 2e trimestre idéalement, mais possible à tout trimestre selon la HAS.
Ces données ont été confirmées dans la large étude publiée par le New England Journal of Medicine (Shimabukuro et al., 2021) et les mises à jour françaises EPI-PHARE (2023-2024).
Covid long : le point en 2026
Le Covid long (ou syndrome post-Covid) regroupe une multitude de symptômes persistant au-delà de 3 mois après l'infection : fatigue chronique, troubles cognitifs (brouillard mental), essoufflement, palpitations, troubles du sommeil, douleurs diffuses. Prévalence estimée à 10 à 20 % des formes symptomatiques (INSERM, 2024).
Données importantes sur le lien vaccination / Covid long :
- La vaccination réduit de 15 à 45 % le risque de Covid long après infection percée, selon les méta-analyses internationales.
- Aucun sur-risque de Covid long induit par la vaccination elle-même.
- Chez les personnes atteintes de Covid long antérieur, la vaccination peut modérément améliorer les symptômes (30 % des cas) ou être neutre, rarement les aggraver transitoirement.
- Recherche active sur les mécanismes (persistance virale, auto-immunité, dysautonomie, micro-thromboses) et les traitements.
Mythes fréquents à clarifier
- « Les ARNm modifient l'ADN » : Faux. L'ARNm n'entre jamais dans le noyau de la cellule et ne peut donc pas interférer avec l'ADN. Il est rapidement dégradé après avoir permis la production de la protéine Spike.
- « La Spike est toxique » : Faux. La protéine Spike produite transitoirement par les cellules après vaccination est localisée (bras, ganglion de drainage), non virale, non réplicative, dégradée en quelques jours.
- « Les vaccins ont causé une surmortalité » : Faux. Les analyses démographiques robustes (INSEE, INSERM, OMS) n'identifient aucune surmortalité vaccinale. La surmortalité des années 2020-2022 est directement imputable au Covid lui-même.
- « On a été obligé de se vacciner sans recul » : À nuancer. Les essais cliniques ont concerné 50 000 à 100 000 personnes avant l'autorisation, et plus de 13 milliards de doses ont été administrées depuis, avec une pharmacovigilance active sans précédent.
Questions fréquentes
Dois-je encore me faire vacciner contre le Covid en 2025-2026 ?
Si vous avez 65 ans ou plus, une pathologie chronique à risque, ou si vous êtes enceinte, soignant ou résident d'EHPAD : oui, une fois par an à l'automne. Pour les adultes en bonne santé de moins de 65 ans, ce n'est plus systématiquement recommandé, mais ça reste possible et gratuit si vous le souhaitez.
Puis-je faire les vaccins grippe et Covid le même jour ?
Oui, et c'est même encouragé par la HAS. Les deux vaccins peuvent être administrés dans la même séance, dans deux bras différents de préférence. Aucune perte d'efficacité ni d'augmentation des effets indésirables n'a été démontrée.
Les vaccins ARNm sont-ils dangereux à long terme ?
Après plusieurs milliards de doses administrées dans le monde, l'ANSM et l'OMS confirment un bon profil de sécurité. Les effets graves (myocardite, anaphylaxie) sont rares, le plus souvent bénins, et aucun effet tardif inattendu n'a été identifié. La surveillance de pharmacovigilance continue en France via l'ANSM.
Le vaccin protège-t-il vraiment contre les nouveaux variants ?
Les vaccins actualisés (XBB.1.5 puis JN.1) ciblent les variants récents et offrent une bonne protection contre les formes graves, même si l'efficacité contre l'infection symptomatique diminue dans les mois suivant l'injection. Contre les hospitalisations, la protection reste autour de 60 % pendant 3 à 6 mois.
Après un Covid, dois-je quand même me faire vacciner ?
Oui, si vous êtes dans une population prioritaire. La HAS recommande d'attendre environ 3 mois après une infection avant le rappel, sauf chez les personnes très immunodéprimées où le schéma peut être repris plus tôt. La vaccination complète l'immunité naturelle de l'infection.
Aller plus loin
- Vaccinations adulte : calendrier officiel 20251 — Pillar de référence.
- Vaccin grippe : qui, quand et efficacité2 — À co-administrer avec le Covid à l'automne.
- Effets secondaires des vaccins3 — Fréquents, rares, graves : ce qu'il faut savoir.
- Dépistages santé adulte4 — Prévention globale et suivi médical.
Sources et références
Réponses aux questions les plus courantes
<p>Si vous avez 65 ans ou plus, une pathologie chronique à risque, ou si vous êtes enceinte, soignant ou résident d'EHPAD : oui, une fois par an à l'automne. Pour les adultes en bonne santé de moins de 65 ans, ce n'est plus systématiquement recommandé, mais ça reste possible et gratuit si vous le souhaitez.</p>
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Sourcé auprès d'autorités indépendantes
Cet article a été rédigé par Bilal YIKILMAZ, rédacteur en chef de cestlasante.com. Il n'est pas médecin : chaque recommandation ci-dessus s'appuie sur des sources médicales indépendantes, explicitement citées.
Autorités citées : HAS, INSERM, OMS.
Dernière révision éditoriale : .