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    Mode de vie sain 16 min de lecture

    AVC ischémique : thrombolyse, fenêtre des 4h30 et perspectives au-delà

    Thrombolyse intraveineuse de l'AVC ischémique : règle des 4h30, extension par IRM ou scanner de perfusion (études WAKE-UP, EXTEND), thrombectomie mécanique jusqu'à 24 h pour les occlusions proximales. Chaîne de prise en charge — UNV, télé-AVC, transferts. Sources HAS 2022, SFNV, ESC, NEJM.

    Publié le 11 mai 2026Mis à jour le 11 mai 20260 vues0 commentaires
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    ParBilal YIKILMAZ·Rédacteur & éditeur
    SelonHASINSERMOMSPolitique éditoriale
    Mis à jour le 11 mai 2026
    AVC ischémique : thrombolyse, fenêtre des 4h30 et perspectives au-delà

    Le pronostic d'un AVC ischémique se joue en minutes. Chaque tranche de 15 minutes gagnée sur le délai d'arrivée à l'hôpital se traduit par moins de séquelles et plus de patients indépendants à 3 mois — c'est l'un des effets-doses les plus solides de toute la neurologie d'urgence. Les recommandations HAS 20221, le communiqué SFNV 20192 et les recommandations SFMU 20243 sur les transferts interhospitaliers structurent une chaîne où chaque maillon compte : reconnaissance FAST à domicile, appel 15, régulation neurovasculaire, accueil en Unité Neuro-Vasculaire (UNV), imagerie cérébrale, traitement de reperfusion.

    ~140 000
    AVC par an en France (Inserm / Santé publique France)
    Inserm — dossier AVC
    ~80 %
    AVC ischémiques (les seuls thrombolysables)
    HAS 2022 ; SFNV
    4 h 30
    Fenêtre standard pour la thrombolyse IV
    HAS 2022 ; ESC 2021
    24 h
    Limite haute possible pour la thrombectomie sur grosse occlusion
    DAWN, DEFUSE-3 — NEJM
    Reconnaître et appeler — l'objectif "FAST"

    Devant une asymétrie du visage (Face), une faiblesse soudaine d'un bras (Arm), une perte ou trouble de la parole (Speech), appeler le 15 immédiatement (Time). Noter l'heure exacte d'apparition des symptômes — ou, à défaut, la dernière fois où la personne a été vue normale. C'est cette information qui détermine la fenêtre thérapeutique disponible et le centre de référence à mobiliser. Ne jamais conduire soi-même aux urgences. Voir AVC : reconnaître les signes FAST et agir en urgence4.

    Qu'est-ce que la thrombolyse intraveineuse ?

    La thrombolyse consiste à injecter par voie intraveineuse une enzyme qui dissout le caillot responsable de l'occlusion artérielle cérébrale. La molécule utilisée en pratique courante est l'alteplase (rtPA, ou activateur tissulaire du plasminogène recombinant). Plus rarement, le ténectéplase est utilisé — il pourrait simplifier l'administration et a obtenu une non-infériorité dans plusieurs essais récents, mais l'alteplase reste la référence dans la majorité des UNV françaises.

    La perfusion d'alteplase dure environ 1 heure. Le bénéfice attendu est une amélioration neurologique mesurable à 24 h chez une fraction des patients traités, et — surtout — une réduction de la dépendance à 3 mois de l'ordre de 30 % en cas de traitement précoce.

    Vue rapprochée des mains gantées d'un soignant tenant une seringue préparée à côté d'un sachet de perfusion suspendu, lumière clinique douce, aucun visage visible
    L'alteplase est administrée en 10 % en bolus initial puis le reste en perfusion d'environ 1 heure ; la posologie est de 0,9 mg/kg, dose maximale 90 mg.

    La fenêtre des 4h30 — la règle classique

    Sur la base de l'essai pivotal ECASS III (2008) et de méta-analyses ultérieures, la thrombolyse est validée jusqu'à 4 heures et 30 minutes après le début des symptômes — délai mesuré depuis l'apparition du premier déficit neurologique. La règle est universelle : plus on traite tôt, plus le bénéfice net est grand, et plus on tarde, plus la balance bénéfice / risque hémorragique se dégrade.

    Concrètement :

    • 0-90 minutes — fenêtre "or", bénéfice maximal, ~10 patients à traiter (NNT 10) pour une vie indépendante supplémentaire à 3 mois.
    • 90-180 minutes — bénéfice substantiel, NNT ≈ 16.
    • 180-270 minutes (3-4 h 30) — bénéfice plus modeste mais réel, NNT ≈ 30.
    • Au-delà de 4 h 30 — pas de thrombolyse en règle ; place à l'imagerie de sélection ou à la thrombectomie.

    Cible française : ≥ 90 % des thrombolyses doivent être administrées en moins de 60 minutes après l'arrivée à l'hôpital (door-to-needle). En pratique, les UNV françaises ont fait passer ce délai médian de 55 minutes (T1 2023) à 40 minutes (T2 2024), avec 74 % des patients désormais traités en moins de 45 minutes — un progrès collectif majeur documenté par la SFMU 20243.

    Vue rapprochée d'une horloge murale analogique posée à côté d'un sachet médicamenteux générique et d'un brassard de tensiomètre déroulé sur une table claire d'unité de soins, lumière naturelle douce
    Le délai entre l'arrivée à l'hôpital et le début de la thrombolyse (« door-to-needle ») est désormais de 40 minutes en France au T2 2024, contre 55 minutes au T1 2023.

    Au-delà de 4h30 — l'imagerie change la donne

    Pendant des années, un patient arrivé "trop tard" (réveil avec un déficit, heure de début floue) n'avait aucune option de reperfusion. Trois grandes études internationales ont changé ce paradigme :

    • WAKE-UP (NEJM, 2018) — Les patients dont l'heure de début est inconnue mais qui présentent un mismatch diffusion-FLAIR en IRM (lésion vue en diffusion mais pas encore visible en FLAIR — preuve d'AVC récent, < 4 h 30 estimé) bénéficient d'une thrombolyse. Validé pour les AVC du réveil.
    • EXTEND (NEJM, 2019) — La thrombolyse est efficace jusqu'à 9 heures après le début des symptômes — ou depuis le dernier moment où le patient a été vu normal — lorsqu'un mismatch de perfusion est documenté (territoire en pénombre, encore récupérable, supérieur au cœur ischémique). Imagerie clé : scanner ou IRM de perfusion.
    • EPITHET, ECASS-4 — Données convergentes en faveur de l'extension sélective.

    La SFNV2 a intégré ces données dès 2019 : aujourd'hui, un patient arrivant entre 4 h 30 et 9 h, ou au réveil, est imagé en première intention — l'IRM cérébrale est l'examen de référence quand elle est disponible 24 h / 24, sinon scanner cérébral + scanner de perfusion. C'est dans ce contexte que l'embed vidéo ci-dessous prend tout son sens.

    Le Dr Emmanuel Carrera sur l'extension de la fenêtre thérapeutique au-delà de 4h30

    Le Dr Emmanuel Carrera (HUG) explique les conditions — fondées sur l'imagerie cérébrale avancée — qui permettent d'étendre la fenêtre thérapeutique de la thrombolyse au-delà de 4 h 30 pour certains patients victimes d'un AVC ischémique, notamment dans les AVC du réveil.

    Dr Emmanuel Carrera5
    Neurologue · Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) · Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) · 9 février 2021
    • La fenêtre thérapeutique standard pour la thrombolyse intraveineuse dans l'AVC ischémique est de 4 h 30 après le début des symptômes.
    • Pour les patients dont l'heure de début de l'AVC est inconnue (notamment au réveil), l'imagerie avancée peut permettre d'étendre cette fenêtre.
    • Les études WAKE-UP et EXTEND ont démontré l'efficacité de la thrombolyse au-delà de 4 h 30 chez des patients sélectionnés par IRM ou scanner de perfusion.
    • La sélection des patients pour un traitement tardif repose sur l'identification d'un « mismatch » radiologique, indiquant la présence de tissu cérébral encore sauvable (pénombre).
    • Voir à 0:33 — Introduction aux limites temporelles6
    • Voir à 3:53 — Question de l'extension de la fenêtre7
    • Voir à 5:26 — Études WAKE-UP et EXTEND8

    Thrombectomie mécanique — au-delà de la thrombolyse

    La thrombectomie mécanique consiste à extraire le caillot par voie endo-vasculaire sous contrôle radiologique, à l'aide d'un cathéter remontant depuis l'artère fémorale jusqu'à la carotide puis l'artère cérébrale obstruée. Elle est réservée aux occlusions des gros troncs proximaux (artère cérébrale moyenne M1-M2, terminaison carotidienne, basilaire) — qui représentent ~15-25 % des AVC ischémiques mais portent l'essentiel de la gravité.

    Thrombolyse intraveineuse vs thrombectomie mécanique — quelle technique pour quel patient ?
    Critère Thrombolyse IV (alteplase) Thrombectomie mécanique
    Type d'occlusion Toutes (petit ou gros tronc) Gros tronc proximal uniquement
    Fenêtre standard 0-4 h 30 ; jusqu'à 9 h en sélection imagerie 0-6 h ; jusqu'à 24 h en sélection imagerie (DAWN, DEFUSE-3)
    Lieu UNV de proximité, télé-AVC possible Centre de neuro-radiologie interventionnelle (CNRI)
    Technique Perfusion IV ~1 h, en chambre UNV Cathétérisme endo-vasculaire, salle d'angiographie, anesthésie souvent locale
    Taux de reperfusion ~40 % sur gros tronc ~85 % (stent retrievers ; aspiration directe)
    Combinaison ? Souvent associées (thrombolyse "bridge" puis thrombectomie). La désescalade (thrombectomie seule sans thrombolyse) est en cours d'évaluation chez les patients arrivant directement au CNRI.
    Sources : HAS 2022 — Phase aiguë AVC ; SFNV ; ESC 2021.
    Vue rapprochée d'une main gantée d'un radiologue interventionnel sur la console de commande d'une salle d'angiographie, écran de contrôle abstrait visible légèrement flou en arrière-plan, lumière tamisée
    La thrombectomie mécanique extrait le caillot par voie endo-vasculaire ; elle est réservée aux occlusions des gros troncs proximaux et peut être réalisée jusqu'à 24 h après le début des symptômes en sélection imagerie.

    La chaîne de prise en charge — UNV, télé-AVC, transferts

    La France compte environ 140 UNV (Unités Neuro-Vasculaires) et une trentaine de CNRI (Centres de Neuro-Radiologie Interventionnelle). L'objectif est qu'aucun patient ne soit à plus de 2 heures de transport d'un CNRI quand une thrombectomie est indiquée. Le maillage repose sur trois maillons :

    Chaîne de prise en charge de l'AVC ischémique en France
    Le 15 régule, l'UNV décide, le CNRI traite l'occlusion proximale. Le télé-AVC permet la décision en visioconférence quand l'UNV n'a pas de neurologue sur place 24 h / 24.
    Étape 1 — Reconnaissance + appel 15
    • Signes FAST notés par le témoin
    • Heure de début OU dernière vue normale
    • Appel 15 ; SAMU régule vers l'UNV de proximité
    Étape 2 — Arrivée UNV, imagerie
    • Door-to-imaging cible < 20 min
    • IRM cérébrale (référence) ou scanner ± perfusion
    • Évaluation NIHSS, glycémie, INR, plaquettes
    Étape 3 — Thrombolyse IV (si éligible)
    • Door-to-needle cible < 60 min, optimal < 45 min
    • Alteplase 0,9 mg / kg (max 90 mg), 10 % bolus + reste sur 1 h
    • Surveillance NIHSS, TA < 185 / 110 mmHg
    Étape 4 — Thrombectomie si gros tronc
    • Transfert vers CNRI si UNV initiale n'est pas équipée
    • Pick-and-go : ne pas attendre la fin de la thrombolyse pour partir
    • Recanalisation idéale mTICI 2b-3
    D'après HAS 2022, SFNV, SFMU 2024 — Modalités des transferts interhospitaliers.

    Le télé-AVC permet à un neurologue distant de décider de la thrombolyse en visioconférence avec l'équipe locale lorsque l'UNV de proximité ne dispose pas d'un neurologue sur place 24 h / 24. C'est devenu un maillon essentiel dans les territoires ruraux.

    Risques et contre-indications

    La principale complication de la thrombolyse est l'hémorragie cérébrale symptomatique (~6 %, mortalité ~3 %). Le bénéfice net reste largement positif quand le traitement est administré dans la fenêtre. Les contre-indications principales (HAS 2022) :

    • AVC hémorragique au scanner (premier examen systématique avant tout traitement)
    • Antécédent d'hémorragie intracrânienne
    • Chirurgie majeure, traumatisme grave ou ponction artérielle non compressible < 14 jours
    • Hémorragie digestive ou urinaire < 21 jours
    • Pression artérielle non contrôlée > 185 / 110 mmHg malgré traitement
    • Anticoagulation efficace (INR > 1,7, héparinothérapie thérapeutique, AOD < 48 h)
    • Plaquettes < 100 G/L
    • Endocardite infectieuse, dissection aortique

    Plusieurs contre-indications classiques (âge > 80 ans, NIHSS < 4 ou > 25, AVC récent) ont été levées ou nuancées par les recommandations 2022 — la décision est désormais individualisée.

    Prévention secondaire — l'autre moitié du travail

    Une fois la phase aiguë passée, le risque de récidive d'AVC est de l'ordre de 5-10 % à 1 an en l'absence de prévention. La stratégie repose sur le contrôle des facteurs de risque (HTA, diabète, dyslipidémies, FA, tabac, sédentarité), la statine forte intensité, l'antiagrégation (aspirine ± clopidogrel selon le mécanisme) ou l'anticoagulation en cas de fibrillation auriculaire — voir Fibrillation auriculaire et risque d'AVC9 et AVK ou AOD : anticoagulation et bon usage10.

    Après l'AVC — réadaptation et retour à domicile

    La rééducation commence dans les 24 à 48 heures en UNV — mobilisation passive, prévention des escarres, déglutition surveillée. Le passage en Service de Soins de Suite et de Réadaptation (SSR) spécialisé est fréquent pour les déficits modérés à sévères. La kinésithérapie, l'orthophonie (en cas d'aphasie ou de troubles de la déglutition) et l'ergothérapie sont les piliers.

    Cible de la médecine moderne : indépendance fonctionnelle à 3 mois (mRS 0-2). Les progrès des dernières années — UNV, thrombolyse, thrombectomie — ont fait doubler le pourcentage de patients indépendants à 3 mois quand on les compare aux séries antérieures à 2010.

    Quand orienter, quand alerter ?

    • SAMU (15) immédiat — tout signe FAST, même transitoire. Un AIT (accident ischémique transitoire) est un AVC manqué : risque de récidive constituée > 5 % dans les 48 h sans prise en charge.
    • Urgences hospitalières / UNV — directement orientées par le SAMU.
    • Neurologue vasculaire — suivi post-AVC, bilan étiologique (Holter ECG longue durée pour détecter une FA paroxystique, échographie cardiaque, Doppler des troncs supra-aortiques, bilan auto-immun ou thrombophilie chez le jeune).
    • Médecin traitant — contrôle tensionnel, lipidique, glycémique, adhésion aux antiagrégants / anticoagulants, sevrage tabagique.

    Questions fréquentes

    Quelle différence entre thrombolyse et thrombectomie ?

    La thrombolyse intraveineuse dissout le caillot avec un médicament (alteplase) administré dans une veine du bras. Elle s'applique à toutes les occlusions, gros ou petit tronc, dans une fenêtre de 4 h 30 (ou jusqu'à 9 h en sélection imagerie). La thrombectomie mécanique extrait physiquement le caillot avec un cathéter remontant depuis l'aine ; elle est réservée aux occlusions des gros troncs proximaux (artère cérébrale moyenne M1-M2, terminaison carotidienne, tronc basilaire) et reste possible jusqu'à 24 h en sélection imagerie. Les deux techniques sont fréquemment combinées (« bridge therapy ») : thrombolyse IV d'abord, transfert vers le centre de neuro-radiologie interventionnelle pour la thrombectomie si une grosse occlusion est documentée.

    Mon proche est arrivé à l'hôpital après 4h30 — peut-on encore le traiter ?

    Oui, dans plusieurs situations. L'imagerie cérébrale avancée (IRM diffusion-FLAIR ou scanner de perfusion) peut identifier des patients éligibles à la thrombolyse jusqu'à 9 heures après le début des symptômes (étude EXTEND), ou pour les AVC du réveil (étude WAKE-UP). La thrombectomie mécanique, elle, reste possible jusqu'à 24 heures pour les occlusions des gros troncs proximaux quand l'imagerie de perfusion montre une pénombre cérébrale (tissu encore récupérable) significative. La décision est prise par le neurologue vasculaire après imagerie en urgence. Le délai n'est donc plus le seul critère — c'est la viabilité du tissu cérébral à l'imagerie qui prime.

    Qu'est-ce qu'un AVC du réveil et comment le traite-t-on ?

    Un AVC du réveil est un AVC découvert au réveil, avec une heure de début inconnue. Il représente environ 20-25 % des AVC. Pendant longtemps, l'incertitude horaire excluait ces patients de la thrombolyse. L'étude WAKE-UP (NEJM 2018) a démontré que ces patients bénéficient d'une thrombolyse s'ils présentent un mismatch diffusion-FLAIR en IRM : la lésion ischémique est visible en diffusion (signal d'AVC récent), mais pas encore en FLAIR — ce qui signale un AVC datant probablement de moins de 4 h 30. C'est aujourd'hui la pratique standard quand l'IRM est disponible. À défaut, le scanner cérébral avec séquences de perfusion peut documenter une pénombre récupérable.

    Quelles sont les principales contre-indications à la thrombolyse ?

    Les contre-indications absolues (selon les recommandations HAS 2022) sont : AVC hémorragique au scanner (toujours réalisé avant tout traitement), antécédent d'hémorragie intracrânienne, chirurgie majeure ou traumatisme grave de moins de 14 jours, hémorragie digestive ou urinaire récente, pression artérielle non contrôlée > 185 / 110 mmHg malgré traitement, anticoagulation efficace (INR > 1,7, héparinothérapie thérapeutique, AOD dans les 48 h), plaquettes < 100 G/L, endocardite infectieuse, dissection aortique. Plusieurs anciennes contre-indications (âge > 80 ans, AVC mineur ou très sévère, AVC récent) ont été nuancées ou levées par les recommandations 2022 — la décision est individualisée par le neurologue vasculaire.

    Comment réduire le risque de récidive après un AVC ischémique ?

    Le risque de récidive est de l'ordre de 5-10 % à 1 an sans prévention adaptée — d'où l'importance d'une stratégie active dès la sortie d'hospitalisation. Les piliers : contrôle strict de la tension artérielle (objectif < 130 / 80 mmHg en règle), statine de forte intensité (atorvastatine 40-80 mg ou rosuvastatine 20-40 mg) avec cible LDL < 0,7 g/L, antiagrégation par aspirine 75-100 mg/j (ou clopidogrel ; bithérapie temporaire courte après AIT à haut risque), anticoagulation par AOD ou AVK en cas de fibrillation auriculaire documentée — voir Fibrillation auriculaire et risque d'AVC9. Hygiène de vie : arrêt du tabac, activité physique régulière, alimentation type méditerranéen, équilibre glycémique strict si diabète, dépistage et traitement du syndrome d'apnée du sommeil.

    L'AIT (accident ischémique transitoire) est-il vraiment dangereux ?

    Oui, c'est une urgence aussi pressante qu'un AVC constitué. L'AIT correspond à un déficit neurologique focal de durée brève (typiquement < 1 h) avec récupération complète et sans lésion à l'imagerie cérébrale. Mais l'AIT est un signal d'alarme majeur : 5 à 10 % des patients ayant un AIT auront un AVC constitué dans les 48 heures qui suivent, et 15-20 % dans les 3 mois. La conduite est strictement la même que devant un AVC constitué : appel 15 immédiat, transfert en UNV, imagerie cérébrale, échographie-Doppler des troncs supra-aortiques, ECG ± Holter rythmique, bilan biologique, mise en place d'une prévention secondaire (antiagrégant + statine ± anticoagulant). Voir AVC : signes FAST et urgence4.

    Aller plus loin

    • AVC : reconnaître les signes FAST et agir en urgence4 — Cluster amont — reconnaissance des signes FAST à domicile, appel 15. Ce cluster-ci traite la suite : la prise en charge à l'hôpital.
    • Fibrillation auriculaire : palpitations, risque d'AVC et anticoagulation9 — Cause cardiaque majeure d'AVC cardio-embolique — prévention secondaire par AOD ou AVK.
    • AVK ou AOD : anticoagulation et bon usage10 — Pratique de l'anticoagulation au long cours après AVC sur fibrillation auriculaire ou autre cause emboligène.
    • Embolie pulmonaire : signes et diagnostic11 — Autre urgence thromboembolique aiguë — partage la logique du délai-or et de la décision d'imagerie rapide.
    • Santé cardiovasculaire de l'adulte12 — Pillier de référence — vue d'ensemble des grandes urgences cardio-vasculaires (infarctus, AVC, insuffisance cardiaque, EP) et de leur prévention.

    Sources et références

    • HAS 2022 — Actualisation des traitements de la phase aiguë de l'AVC ischémique (argumentaire)1
      Recommandations HAS 2022 — fenêtre de thrombolyse standard 4 h 30, extension par imagerie avancée, indications de la thrombectomie, contre-indications, cibles temporelles door-to-needle et door-to-puncture.
    • SFNV — Extension de la fenêtre thérapeutique de 4h30 à 9h et aux AVC du réveil (juillet 2019)2
      Communiqué officiel de la Société Française Neurovasculaire — synthèse des études WAKE-UP et EXTEND, intégration dans la pratique française des AVC du réveil et de la fenêtre étendue jusqu'à 9 h sur sélection imagerie.
    • SFMU 2024 — Modalités des transferts interhospitaliers des patients ayant un AVC3
      Recommandations de pratique professionnelle SFMU — chaîne UNV / CNRI, transferts secondaires, cibles temporelles atteintes en France (door-to-needle médian 40 min au T2 2024, 74 % des thrombolyses &lt; 45 min).
    • Thomalla et al. — WAKE-UP : Thrombolyse guidée par IRM dans les AVC du réveil (NEJM 2018)13
      Essai randomisé contrôlé pivotal — la thrombolyse par alteplase, guidée par mismatch diffusion-FLAIR en IRM, améliore le pronostic neurologique des AVC du réveil ou d'horaire inconnu.
    • Ma et al. — EXTEND : Thrombolyse 4,5 à 9 h sur sélection scanner de perfusion (NEJM 2019)14
      Essai randomisé contrôlé international — l'alteplase entre 4,5 et 9 h améliore le pronostic neurologique chez les patients sélectionnés par mismatch de perfusion sur scanner cérébral ou IRM.
    • Inserm — Dossier AVC (accident vasculaire cérébral)15
      Dossier de référence de l'Inserm — épidémiologie française (~140 000 AVC/an dont ~80 % ischémiques), facteurs de risque, mécanismes, recherche clinique en cours.
    Questions Fréquentes

    Réponses aux questions les plus courantes

    <p>La <strong>thrombolyse intraveineuse</strong> dissout le caillot avec un médicament (alteplase) administré dans une veine du bras. Elle s'applique à toutes les occlusions, gros ou petit tronc, dans une fenêtre de 4 h 30 (ou jusqu'à 9 h en sélection imagerie). La <strong>thrombectomie mécanique</strong> extrait physiquement le caillot avec un cathéter remontant depuis l'aine ; elle est réservée aux <strong>occlusions des gros troncs proximaux</strong> (artère cérébrale moyenne M1-M2, terminaison carotidienne, tronc basilaire) et reste possible jusqu'à 24 h en sélection imagerie. Les deux techniques sont fréquemment <strong>combinées</strong> (« bridge therapy ») : thrombolyse IV d'abord, transfert vers le centre de neuro-radiologie interventionnelle pour la thrombectomie si une grosse occlusion est documentée.</p>

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    Cet article a été rédigé par Bilal YIKILMAZ, rédacteur en chef de cestlasante.com. Il n'est pas médecin : chaque recommandation ci-dessus s'appuie sur des sources médicales indépendantes, explicitement citées.

    Autorités citées : HAS, INSERM, OMS.

    Dernière révision éditoriale : 11 mai 2026.

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    Bilal YIKILMAZ

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    11 mai 2026
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